Adeptes de la musique universelle qui garde beaucoup de son originalité, les membres du groupe AmZik, ont fait bercé leur public kabyle pour la première fois. Au bout de trois galas à guichets fermés, le groupe a séduit encore ses fans. La tournée d’AmZik en Kabylie a fait résonner ses montagnes…

En tournée en Algérie, les amoureux de la chanson à texte et à la belle musique kabyle ont eu le privilège d’assister aux trois soirées animées par AmZik (littéralement, comme avant). Prestations bien réussies pour ce groupe qui s’est produit dans trois localités la semaine dernière. Le premier rendez-vous était sur la scène du théâtre régional Kateb Yacine de Tizi-Ouzou, puis à l’annexe de la maison de la culture d’Azazga et enfin à la cinémathèque de Boghni.

Ces premiers concerts dans leur pays d’origine était d’une totale réussite, une véritable consécration par un public entièrement emporté par la vague AmZik. Cela confirme le succès rencontré dès les premières apparitions sur les plateformes musicales et les réseaux sociaux.

Les membres du groupe ont bien servis leurs fans avec une palette de chansons aux rythmes et sonorités avec des prestations qui ont transmis beaucoup d’émotions. Entre musique traditionnelle et nouvelles sonorités, le style de musique d’Amzik a séduit son public.

AmZik a fait résonner les montagnes de Kabylie

Les cinq membres de ce groupe, trois Algériens et deux Français, constitué, il y a quelques années en France, débarquent pour la première fois en Algérie. Avec leur style musical, leur poésie et leur voix, ses membres n’ont pas tardé à trouver résonance dans les montagnes de Kabylie. En effet, c’est en Kabylie que Amzik a pris racine dès son début, sous l’inspiration des chansons des maîtres de la chanson kabyle.

Très attendu pour donner des spectacles dans leur terre natale, le groupe repart en France avec beaucoup de souvenirs et d’émotions. « Nous revenons de notre épopée dans notre terre natale avec pleins de souvenirs, beaucoup d’émotion et surtout des certitudes : celles de toujours travailler plus pour hisser notre culture, notre histoire et notre identité ancestrale », écrit le groupe sur sa page Facebook.

Le souhait et la promesse du groupe AmZik !

AmZik s’adresse aussi à leur cher public qui n’a pas lésiné aucun effort pour faire le déplacement et les voir chanter. « Nous laissons le meilleur pour la fin : notre cher public qui ne cesse de nous soutenir avec une telle énergie que nous allons tout faire pour toujours vous donner le meilleur de nous mêmes. Nous vous faisons ici une promesse, celle de revenir très bientôt pour vous rencontrer partout ou vous êtes, c’est notre souhait le plus cher ». Un souhait et une promesse qui n’attendent que d’être concrétisés !

Tout en s’ouvrant sur les musicalités du monde, par une instrumentation et des arrangements modernes, leurs fans ont été bien emportés dans l’univers des membres du groupe durant ces trois spectacles. Composé de deux frères jumeaux, Nonor et Karim Belkadi, et de Khiredine Kati, dit Didine, AmZik a en effet réussi à transmettre des émotions en faisant de la musique spontanée qui allie le traditionnel au moderne.

L’émotion et le beau chez AmZik

Aussi bien en image qu’en son, AmZik concilie l’émotion et le beau. Le groupe, qui allie airs du patrimoine et sonorités universelles, excelle en France depuis maintenant 7 ans. Largement suivi sur le net, le groupe a permis enfin à son public, qui le suit jusque-là sur les plateformes numériques et les réseaux sociaux, de le voir face-à-face. Pour sa première tournée en Algérie, AmZik a retrouvé son public qu’il rencontre pour la première fois et repart satisfait après avoir fait bonne impression.

« Je repars en France avec le cœur chargé d’amour, la mémoire chargée de souvenirs inoubliables et dans l’âme le combat de votre identité à jamais ancré en moi », c’est sur ces mots que le clarinettiste du groupe, Hugo Proy, s’est adressé au merveilleux public qui les a reçu en guise de reconnaissance et de remerciement. Avant de conclure : « Votre cœur aussi débordant que vos collines verdoyantes. Votre caractère aussi digne et brut que vos montagnes nues à la peau sèche. Au revoir les oliviers ; au revoir les cigognes ».

AmZik : échange et métissage culturel !

En effet, c’est la première fois que le jeune clarinettiste, d’origine bretonne, met les pieds en Algérie. Aussi parolier des textes en français qui a merveilleusement chanté avec beaucoup d’émotion sur scène lors de cette tournée. « Bravo et merci à tous ceux qui ont participé de près ou de loin à cette aventure que je n’oublierai jamais », dira-t-il à l’adresse des organisateurs, du public et de tous les gens sympas qu’il a rencontrés.

A travers Hugo et Martin, le bassiste du groupe, AmZik cherche à s’ouvrir à d’autres influences, dans le but de lier les musiques de leurs racines et d’ailleurs. C’est aussi pour l’échange et le métissage culturel, ce socle commun qu’est l’humanité ! Entre musique traditionnelle et nouvelles sonorités, le style de musique d’Amzik fait voyager dès les premières notes dans l’universalité. C’est leur devise : chanter avec les valeurs des anciens sous un air nouveau et moderne.

AmZik séduit son public connaisseur et averti

Leur répertoire, alternant des ballades empreintes de nostalgie et des mélodies somptueusement douces et des rythmes, a été scandé par un public connaisseur et surtout averti ! Didin, Nonor et Karim, et Hugo ainsi que les musiciens qui les ont accompagnés l’ont carrément subjugué. Hommes, femmes, jeunes venus en masse ont pris d’assaut la salle et la piste de danse.

Leurs galas commencent toujours avec une minute de silence à la mémoire des martyrs du Printemps noir et des victimes des derniers incendies qu’a connus la Kabylie. AmZik qui tient beaucoup aux hommages, a interprété une chanson de Matoub Lounès et de Cheikh El Hasnaoui au grand bonheur des présents. Durant ces trois galas, AmZik a chanté leur répertoire et chansons apprises par cœur par l’assistance. C’était une occasion pour faire la promotion de leur dernier album « Aṭas » (Beaucoup) qui est sorti le mois de novembre dernier.

AmZik, porte-voix de la jeunesse

AmZik décrit dans cet opus l’état du monde et aborde des sujets contemporains. Ses membres se veulent les porte-voix de cette jeunesse, venue nombreuse à leurs concerts, qui a envie de dire «beaucoup» de choses… Sensible aux préoccupation de cette frange juvénile, le groupe aborde aussi des sujets contemporains tels l’écologie, l’enfance, le devenir du monde, la mixité homme-femme… qui s’imposent comme des tendances.

Il est à noter que le groupe a sorti en 2016 son premier album, intitulé « Asughu n temzi » (le cri de l’enfance) et comporte 10 morceaux. « Atas » (Beaucoup) est leur deuxième album avec un contenu de 11 morceaux sorti le 6 novembre 2021. Le groupe a réalisé aussi un single « Yemma-s n Uɣrib » (la mère de l’exilé) et certaines reprises des chansons de Idir, Cheikh El Hasnaoui et Matoub, et d’autres.

AmZik chante aussi l’exil et le déracinement

Après des reprises partagés sur les réseaux sociaux, AmZik sort son premier intitulé “Asughu n temzi” (le cri de l’enfance) avec 10 morceaux, en 2016, soit une année après sa création. La chanson « Aṭas » (Beaucoup, ou le Cœur lourd !), de leur second album sorti le 6 novembre 2021, est un véritable tube ! Le groupe a réalisé aussi un single « Yemma-s n ughriv » (la mère de l’exilé). Une composition pleine d’émotion pour chanter l’exil et le déracinement.

Dans cette chanson phare, le trio a essayé de panser une déchirure vécue par beaucoup de jeunes d’aujourd’hui contraints de partir ailleurs… Leur travail et leur quête sont affirmés avec force dans ce chef d’oeuvre ainsi que dans l’autre titre « Inejla wallagh » (Cerveau vole), qui traite de la fuite des cerveaux… « Lvavur » (Bateau), une autre chanson traitant de l’immigration, a été merveilleusement reprise par le groupe. Comme toutes les autres, ce morceau a eu aussi un retentissement chez le public.

AmZik nourri aux sources de la musique ancienne

AmZik est composé de deux jumeaux, Nonor (Abdenour) et Karim Belkadi, originaires d’Iferhounene (Tizi-Ouzou), et Khireddine Kati, dit Didin de Timezrit (Béjaia). Avec leur style musical et leur poésie, AmZik transcende sa voix depuis l’hexagone. Les deux frères jumeaux Nonor et Karim ont pratiqué la musique depuis leur enfance dans une famille connue par son attachement à la musique et l’art. Didin, diplômé de la musicologie, a, quant à lui, appris la musique de sa mère et joue de plusieurs instruments dont la mandole, la guitare et le banjo grâce à son frère.

Fondé en 2015 par trois férus de la musique et de l’art endurcis expatriés en France, AmZik compte aussi des musiciens étrangers qui apportent, chacun, sa touche. Ayant quitté leur Kabylie natale pour atterrir en France, les trois mélomanes ont su faire resurgir un héritage musical pour le faire fructifier. Nourris aux sources de la musique ancienne, ils sont bien intégrés l’évolution et s’adapter à la musique contemporaine. L’originalité de leur travail fait revivre le patrimoine en y introduisant des sonorités universelles.