L’artiste d’origine algérienne, Zineb Sedira, représentera cette année la France à la biennale de Venise qui débute ce week-end dans la cité des Doges. La plasticienne propose un projet politique et cinématographique pour réfléchir sur le cinéma et les alliances “artistiques et culturelles” entre la France, l’Algérie et l’Italie.
Ainsi, Zineb Sedira invite le public de la biennale de Venise, à travers son projet en hommage au cinéma des années 1960 et 1970, à réfléchir ensemble sur ce qui lie la France, l’Algérie et l’Italie. Les identités multiples, la mémoire et les affaires culturelles et politiques de ces trois pays seront explorées par la plasticienne franco-algérienne
A cet effet, l’artiste, qui vit désormais en Grande-Bretagne, présente un film tourné en 60 mm intitulé “Les Rêves n’ont pas de titre” (Dreams Have No Titles). Elle a retourné des extraits de films, tels que L’Étranger de Luchino Visconti, La Bataille d’Alger de Gillo Pontecorvo ou encore Z de Costa-Gavras.

Le cinéma et les alliances “artistiques et culturelles”

Dans cette nouvelle projection, le film de Zineb Sedira revisite en profondeur, à travers ces créations cinématographiques, sa propre histoire ,entre la France et l’Algérie, ainsi que ses “deux identités”. L’œuvre est tournée à Venise en janvier, elle “invite à réfléchir sur le cinéma et les alliances “artistiques et culturelles” entre la France, l’Algérie et l’Italie”, énonçait Zineb Sedira au micro de TV5 Monde.

“La France aujourd’hui, c’est moi, pleine d’artistes, pleine de personnes comme moi qui ont des identités multiples. Je ne suis pas un cas spécial, je suis une parmi plein d’autres”, explique Zineb Sedira son projet qui comporte ainsi une part autobiographique tout en ayant une visée universelle.

Donner une voix à des artistes femmes

Après avoir fait la Biennale de Venise à deux reprises (2001 et 2011), Zineb Sedira revient cette année pour occuper le pavillon de la France. C’est la première fois qu’une artiste d’origine algérienne, avec “Les Rêves n’ont pas de titre”, animera l’espace réservé à la France, parmi les 58 pays représentés cette année.

“Cette idée de travailler sur plein de pays et de ramener ça sous l’ombrelle du pavillon français, je trouvais ça très intéressant”, conclut l’artiste passionnée par la façon dont politique et esthétique se mêlent dans l’art.

Selon les organisateurs, le projet de Zineb Sedira s’insère particulièrement bien dans cette 59e édition, que Cecilia Alemani, sa directrice artistique, l’a voulu plus moderne. Elle avait affirmé en effet vouloir “donner une voix à des artistes pour créer des projets uniques qui reflètent leur vision et notre société”, en mettant en avant une majorité d’artistes femmes et non binaires.

Développement de l’art en Algérie

Zineb Sedira est une artiste britannique d’origine française et algérienne, née à Paris le 1er avril 1963. Elle vit à Londres et travaille entre Alger, Londres et Paris. Les deux parents de Zineb Sedira migrent de Bordj Bou Arreridj, en Algérie, vers Gennevilliers en France en 1961.

Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions personnelles dans des musées, galeries d’art et palais d’expositions à travers le monde. Ses œuvres sont également présentées dans de nombreuses expositions collectives dans des institutions de plusieurs capitales de pays de différents continents.

Zineb Sedira est la fondatrice d’Aria (résidence d’artiste à Alger), un programme de résidence visant à soutenir le développement de la scène artistique contemporaine en Algérie par le biais d’échanges et de collaborations interculturelles internationales.

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