Beaucoup de voyageurs algériens aspirent à l’augmentation du volume des dessertes. Malgré la reprise de ses vols commerciaux, Air Algérie n’arrive toujours pas à satisfaire cette forte demande sur la destination Algérie. Un spécialiste fait ses propositions tout en préconisant un pass vaccinal.

Après 15 mois de fermeture des frontières aériennes à cause de la pandémie du Covid-19, Air Algérie a été autorisée en juin 2021 à reprendre progressivement ses vols commerciaux. L’Algérie avait adopté un protocole sanitaire strict, avec test et confinement obligatoire de cinq jours aux frais du passager.

Le protocole a été modifié fin juillet, avec l’abandon du confinement obligatoire. Une évolution dictée par un contexte sanitaire particulier. Actuellement, les voyageurs entrant en Algérie doivent présenter un test PCR de 36h avant le départ et subir un second test antigénique à l’arrivée. 

Cependant, malgré une nette amélioration de la situation à travers le monde, notamment en Europe, en France en particulier, la compagnie aérienne nationale augmente le nombre de vols ! 

Allègement du protocole sanitaire

En effet, plusieurs pays ont procédé à l’allègement des restrictions, en particuliers dans la région, Tunisie et Maroc ainsi que la France. Ceci sans laissé indifférents les voyageurs algériens. Le débat sur le prix des billets et le nombre de dessertes disponible quant tenu du protocole sanitaire adopté en Algérie est relancé compte tenu de l’amélioration de la situation épidémiologique.

Sur les réseaux sociaux, les Algériens établis à l’étranger ont attiré l’attention à plusieurs reprises sur le délai très court du test PCR exigé, notamment quand on voyage un lundi par exemple. Beaucoup d’Algériens espèrent l’arrivée sur le marché d’une compagnie low cost pour diminuer les prix des billets mais aussi augmenter le volume des dessertes.

C’est le cas de Dr Bekkat Berkani, président du Conseil de l’Ordre des médecins et membre du conseil scientifique de suivi, qui affiche son incompréhension de constater qu’Air Algérie n’assure qu’une seule rotation par semaine (le samedi) vers la ville de Marseille. « C’est complètement ridicule, peste-t-il. C’est une pression intenable, alors qu’il y a des rotations complètement inutiles ».

Pour en finir avec le statu quo aérien et maritime

La décrue des contaminations en Algérie et la stabilisation rendent, selon le Dr Bekkat Berkani, plus qu’urgente une reprise normale des dessertes aériennes et maritimes. « Nos concitoyens de l’étranger et ceux d’Algérie ont été privés de voyage pendant presque 3 ans ; il est inconcevable qu’aujourd’hui il n’y ait suffisamment pas de rotations », ajoute le Dr Bekkat Berkani.

« Cette situation avec ses implications sociales risque de laisser des traces. Maintenir le niveau de rotations aériennes et maritimes nous isole encore plus de nos concitoyens, du monde extérieur », s’inquiète-t-il.

« Aujourd’hui, il y a une pause épidémiologique à la fois en Algérie mais aussi dans les pays émetteurs en volumes (de passagers), en particulier la France métropolitaine qui représente 80% des rotations. Sur le plan sanitaire et avec la vaccination, il n’est ni concevable ni utile de maintenir un statu quo aérien et maritime », estime le spécialiste.

Les propositions de Dr Bekkat Berkani

Le Dr Mohamed Bekkat Berkani fait part de son « incompréhension ». « Il y avait un risque épidémiologique, du fait du niveau très élevé de risque de contaminations dans les pays émetteurs (France métropolitaine, Europe). L’exigence d’un test PCR à l’embarquement et le test antigénique constituaient une double barrière qui était à mon sens amplement suffisante pour augmenter le nombre de rotations », fait-il remarquer. Par la suite, il y a eu l’exigence vaccinale.

Pour le Dr Bekkat Berkani, il est temps d’augmenter le volume des rotations d’autant que c’est profitable économiquement pour une compagnie comme Air Algérie et pour l’économie nationale dans son ensemble. « On maintient le test antigénique et la preuve de vaccination, mais qu’on augmente le nombre de rotations », lance-t-il, d’autant que, d’après lui, il y a aussi un effet social et économique délétère.

« Le moment est venu pour rallonger le délai à 48h, comme c’est le cas dans la majorité des pays, au lieu de 36h. C’est un délai très court. C’est une entrave de plus d’autant plus que la majorité des pays concernés par les liaisons aériennes avec l’Algérie affichent des taux de vaccination avancés », explique le Dr Bekkat Berkani.

Attention à la 5e vague !

Le Dr Bekkat Berkani a également abordé une nouvelle mesure que pourraient prendre les autorités algériennes dans l’optique de l’allègement du protocole sanitaire. « Il serait intéressant de faire évoluer les choses. Le dépistage peut ne pas être exclusivement à la PCR, il peut être un antigénique. Le passager aurait le choix de faire l’un des deux comme c’est le cas en France. Cela facilitera les choses pour les voyageurs », a-t-il précisé.

Sans écarter la possibilité de voir surgir une cinquième vague de contamination au virus, Dr Berkani a fait savoir que “s’il devait y avoir une cinquième vague, elle nous viendrait de l’Etranger”. En conclusion, le professeur Bekkat Berkani préconise d’augmenter les rotations et de se tenir à un contrôle sanitaire strict aux frontières.

Enfin, il insiste sur l’instauration du pass vaccinal pour les voyageurs arrivant en Algérie par avion, en parallèle avec rallongement du délai du test PCR.

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