L’Algérie ne cesse de saisir de nombreux pays pour la récupération des avoirs volés et détournés à l’étranger. Selon le quotidien francophone El Watan, 43 demandes d’enquête ont été adressées à la justice française concernant les biens mal acquis par d’anciens responsables algériens.

Cette démarche pour le recouvrement des avoirs illégalement soustraits à la collectivité préoccupent les pouvoirs publics. Ces dernières années, l’Algérie accentue les procédures judiciaires qui s’imposent. Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, alors candidat à l’élection présidentielle du 12 décembre 2019, en avait même fait des promesses lors de sa campagne.

Pour cela, les autorités algériennes comptent sur la coopération des Etats dont le laxisme et l’attitude peu coopérative de certains sont pointés du doigt. De son côté, la France se montre plutôt prête et affiche sa disponibilité coopérative quant à la levée des obstacles et la facilitation des démarches en vue de récupérer ces avoirs volés et détournés en Hexagone.

L’Algérie a introduit 43 demandes

C’est un secret de polichinelle ! Paris et ses quartiers chics ont toujours été les destinations privilégiées des hauts cadres algériens pour l’acquisition d’appartements de luxe et autres biens immobiliers. Selon le quotidien francophone El Watan, dans son édition de lundi 11 juillet, l’Algérie a introduit 43 demandes de commissions rogatoires à ce sujet.

Parmi ces 43 dossiers, « une dizaine de demandes ont été traitées en exécution d’une commission rogatoire internationale », a indiqué El Watan citant des sources judiciaires. Probablement des anciennes personnalités proches du sérail, sous l’ère de l’ancien président déchu Abdelaziz Bouteflika.

« Cadre juridique commun »

En effet, l’Algérie a sollicité l’aide des autorités françaises pour la récupération de ce que détiennent illégalement d’anciens responsables algériens là-bas. Dans le cadre des efforts déployés pour leur recouvrement, la justice française est ainsi saisie pour rapatriement de biens mal acquis qui se trouvent en France.

Pour l’heure, « il n’y a pas eu de saisie ou de confiscation de biens dans le cadre des enquêtes qui sont en train d’être menées sur ces infractions financières », précise-t-on. Il est à signaler que la récupération des fonds détournés à l’étranger n’est pas chose facile, elle dépend de la volonté des autorités, de part et d’autres.

Des difficultés existent pour mener à bien de telles enquêtes

Il est à noter que le niveau d’entraide sur ce dossier est jugé plutôt « appréciable », d’après la même source. Ce qui est à féliciter, « c’est l’intensité des échanges entre les magistrats des deux pays ces deux dernières années », note-t-on.

Toutefois, des difficultés existent pour mener à bien de telles enquêtes. La collecte des données patrimoniales, notamment, et la faible capacité à traiter rapidement toutes les informations recueillies en sont parmi les obstacles rencontrés.

Les investigations menées sur le terrain sous la conduite des procureurs financiers français sont délicates à faire. Pour les 43 affaires en cours de traitement, pour chaque affaire, « il faut compter une cinquantaine de personnes à interroger », précise-t-on.