Entre 2020 et 2022, le nombre de crimes et d’actes antimusulmans a augmenté de 71 %, selon un rapport de Statistique Canada rendu public le 2 août dernier. Des chiffres d’autant plus alarmants car beaucoup de victimes préfèrent se murer dans le silence et ne pas porter plainte.

Les affaires criminelles motivées par la haine contre les musulmans sont passées de 84 en 2020 à 144 en 2021. « Il n’est pas possible de lier les incidents et crimes de haine annoncés par la police à des événements particuliers, mais les médias et le discours public peuvent aussi bien aider à accroitre la conscience du phénomène que susciter des réactions négatives de la part de personnes à l’attitude haineuse », a indiqué l’agence du gouvernement fédéral canadien (StatCan), citée par MEE.

« Nous avons perdu des musulmans canadiens à cause de la haine en 2021. Ces chiffres ne disent pas non plus toute l’histoire – nous savons que le nombre de crimes haineux dépasse largement ce qui apparaît dans les statistiques sur les crimes haineux », a déclaré le Conseil national des musulmans canadiens (NCCM) sur Twitter en réponse à la publication du rapport.

« L’islamophobie est mortelle »

Ces chiffres posent une nouvelle fois la question de la fiabilité des compagnes sur les actes racistes ou antimusulmans. L’année dernière, le NCCM a publié un rapport contenant des recommandations et a appelé les provinces canadiennes à s’assurer que leurs directions antiracistes disposent de ressources suffisantes pour lutter contre l’islamophobie.

« Bien que nous ayons entendu de nombreux discours de politiciens condamnant l’islamophobie et se montrant solidaires des musulmans au Canada, les mesures de lutte contre l’islamophobie ont été lentes et fragmentaires », a déclaré le Conseil national des musulmans canadiens.

Et d’ajouter : « Nous ne pouvons pas rester les bras croisés et voir d’autres vies perdues. L’islamophobie est mortelle et nous devons passer à l’action maintenant ».