L’Algérie compte environ 10 000 expatriés vivants en Ukraine. Depuis la nuit de mercredi à Jeudi, ils se retrouvent pris au piège d’un conflit qui ne les concernent pas. Pour la plupart des étudiants, sidérés et inquiets, les ressortissants algériens sont livrés à eux-mêmes. Depuis l’Ukraine, un jeune algérien originaire de Kabylie, actif sur les réseaux sociaux, parle de l’opération militaire russe.

Le long des frontières ukrainiennes, à l’est du pays, depuis maintenant près de 48 heures, la Russie mène une offensive militaire en Ukraine. Actuellement, les forces terrestres russes sont entrées en Ukraine et avancent vers la capitale. Les bombardements ont frappé Kiev et plusieurs autres grandes villes et ports. Les Ukrainiens sont bouleversés, ils se débrouillent pour se protéger face à ces attaques militaires.

Face à cette opération militaire russe déclenchée dans la nuit de mercredi à Jeudi, les ukrainiens sont sidérés et inquiets. A Odessa, ville portuaire d’Ukraine, sur la mer Noire, ses habitants disent “qu’ils ont entendu beaucoup de bombes, du bruit d’avion, des bombes éclair”. Tandis que dans la capitale, Kiev “c’est la panique, parce qu’à côté de la ville il y a des endroits stratégiques de l’armée ukrainienne et les Russes ont commencé à bombarder depuis Odessa”, témoignent-ils.

Vraiment pas de chance …

De son côté, un ressortissant algérien, dans une vidéo postée sur Facebook, a lui aussi fait part de ses inquiétudes : “on s’est réveillé avec des bombardements depuis tôt le matin, des avions survolent nos têtes. Les explosions résonnent de partout, on dirait les feux d’artifice ou pétards lancés lors des fêtes et célébrations”, a-t-il décrit ces attaques.

“Vraiment on n’a pas de chance, d’une catastrophe à une autre. Finalement, ici ou en Algérie c’est pareil ! On a dû quitter la misère de notre pays pour se retrouver en guerre dans un autre !”, lâche l’immigré avec stupéfaction face à cette scène inhabituelle.

“Même les ukrainiens sont bloqués, les ressortissants des autres pays aussi, nous sommes tous bloqués, les frontières sont fermées, les routes barrées, le métro à l’arrêt ; aucun moyen pour faciliter notre évacuation. C’est la pagaille… “, a conclut le ressortissant kabyle.

… Espérant que tout ira bien

Conscient des enjeux qu’a cette guerre entre les russes et les ukrainiens, avec tout ce que cela implique comme intérêts et répercussions sur la politique locale, européenne et internationale, le jeune algérien affiche son patriotisme et son amour pour sa patrie : “Au moins si c’était notre propre pays, on saurait se défendre, on ne va pas fuir, on se battra jusqu’au bout. Mais là, on est des étrangers, on n’y peut rien !”, se désole-t-il.

Et d’ajouter : “Tout est fermé, les routes désertées ; tout le monde a pris la fuite. Il ne reste que nous, les kabyles et autres algériens, les noirs et ceux qui s’en fichent. Les gens se sont réfugiés dans les bouches de métro, peut-être ils y seront épargnés”, témoigne le jeune depuis l’Ukraine en voulant tout de même rassurer les siens.

“Espérant que ces attaques vont cesser et que tout ira bien.”, dira-t-il en remerciant au passage ceux qui le contactent pour prendre de ses nouvelles. Et de leur faire savoir qu’il fournirait régulièrement ses compatriotes en informations concernant l’évolution de la situation, “et si je ne ferais plus signe avec mes vidéos, sachez donc que je ne suis plus en vie”, ironise l’expatrié kabyle.

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