Le dossier d’importation de voitures en Algérie est toujours à la traîne. Cette situation, qui inquiète les partenaires locaux et étrangers, constitue un réel frein pour l’économie algérienne. L’interdiction de l’importation de véhicules frappe de plein fouet la majorité des secteurs et aura un impact réel sur les réserves de change… Décryptage !

Le marché automobile en Algérie connait une réelle stagnation depuis près de trois ans. En raison de la hausse vertigineuse du prix, les véhicules sont devenus inaccessibles pour les algériens. En effet, le manque de l’offre a entraîné cette augmentation des prix face à une forte de demande qui est loin d’être satisfaite.

Le dossier des véhicules neufs a fait couler beaucoup d’encre ces derniers mois. Le président de la République l’avait abordé à maintes reprises, en vain. Il avait même annoncé une sortie de crise avant la fin du premier trimestre de l’année en cours. A ce jour, le dossier est resté à la même case sans connaitre de dénouement.

« contradiction » dans le dossier de voiture moins de 3 ans

Comme alternative, le gouvernement avait opté pour l’importation des véhicules de moins de 3 ans. Ce dossier a été approuvé en 2020, mais toujours pas entré en vigueur ! Ceci est dû à la non publication d’un décret exécutif à son sujet. Une « contradiction », entre le texte légal et la réalité économique, a été soulevée par les spécialistes.

Des appels pour accélérer le déblocage du dossier se multiplient pour trouver une solution au problème des importations sur le terrain. Des spécialistes insistent sur la nécessité de joindre les lois aux décrets exécutifs. En effet, de l’avis des économistes, il est regrettable que la situation du marché automobile en Algérie se retrouve sans issue.

Posséder sa propre voiture est le rêve de chaque Algérien

Les statistiques officielles indiquent qu’il y a plus de 6,5 millions de voitures dans le parc automobile national. Un nombre faible par rapport à l’augmentation du nombre de la population. Le changement du mode de vie de la société algérienne encourage en effet l’acquisition de voiture pour chaque famille algérienne.

Le citoyen algérien souffre et se plaint des transports en commun, vu la qualité des services et l’absence de fluidité et de disponibilité. Le confort des moyens de transport laisse à désirer, pour la plupart. Ils sont vétustes et usés.

Entre promesses et réalité du marché : le dossier coince

Malgré tous les rebondissements qu’a connu ce dossier, l’issue est toujours attendue par les Algériens. Le dossier a été discuté par trois ministres de l’industrie qui se sont succédé, mais sans pouvoir trouver de solution tangible. Ainsi, ce dossier reste coincé, il est pris en étau entre les promesses du ministère et la réalité du marché.

En effet, atteindre une stabilité du marché de l’automobile n’est pas à l’ordre du jour. L’impasse qui a accompagné ce dossier a également causé de grandes pertes aux concessionnaires automobiles. Des surcoûts liés aux charges fixes, comme la location, la sécurisation et l’entretien des locaux.

1000 milliards de centimes de pertes

Ajouter à cela, la masse salariale et la prise en charge de la main-d’œuvre, notamment en ce qui concerne le service après-vente. Sans oublier le manque à gagner, les pertes sèches des concessionnaires dépassent les 1000 milliards de centimes, soit environ 715 000 dollars.

Les concessionnaires sont toujours en attente de la reprise de l’importation de voitures.  Selon le ministère de l’Industrie, des licences d’importation seront délivrées une fois le cadre juridique achevé. Par ailleurs, le nouveau cahier des charges est en phase d’élaboration pour le montage de voitures et de motos.

Le dossier de l’importation de voitures cause un sérieux problème

Face à cette situation, des experts en économie annoncent que le dossier de l’importation de voitures cause un sérieux problème. Ils rappellent que l’Algérie est dans une phase de relance  économique, et cela ne se fera qu’en fournissant le outils économiques nécessaires.

En outre, les véhicules de tous types – utilitaires, touristiques et commerciaux – constituent un élément majeur pour l’économie. Donner au citoyen la liberté de posséder sa voiture, sans être affecté par la de nombreux obstacles, semble difficile en ces circonstances.

La flambée des prix a atteint même les entreprises économiques

En effet, l’impacte de la flambée des prix a atteint même entreprises économiques qui souffrent de la non disponibilité de voiture neuves. Ce dossier touche même les compagnies d’assurance. Ces dernières souffrent aujourd’hui en raison de la détérioration de l’état des voitures en circulation, mais aussi du coût élevé des pièces de rechange.

Les activités commerciales sont aussi affectées par l’absence de véhicules neufs. En effet, au lieu de renouveler sa flotte, des sociétés songent à la réparation. Procéder à la rénovation et autres réparations à chaque fois, fait perdre du temps, de l’argent et de l’énergie.

Echanges commerciaux, agriculture, sécurité alimentaire

Ce problème affecte aussi les échanges commerciaux avec les pays voisins et les partenaires de la région. En effet, l’Algérie est un exportateur de produits agricoles vers le continent africain, et cela nécessite le transport de marchandises aux points de passage frontaliers récemment ouverts.

Ainsi, le secteur agricole, considéré parmi les secteurs « stratégiques », est l’un des secteurs les plus touchés par ce dossier. Le gel de l’importation des équipements d’ensemencement, de récolte et de transformation, nuit aux capacités de production nationale et à l’exportation de ces produits.

Par ailleurs, la sécurité alimentaire ne peut pas être atteinte sans les outils et les moyens et matériels nécessaires. Alors que la loi permet l’importation des machines et équipements agricoles tous les 10 ans, mais faute de textes, le secteur connait un sérieux blocage.

Pour une sortie de crise

Pour une sortie de crise, des spécialistes invitent les pouvoirs publics pour voir ce problème de près et réfléchir à des solutions efficaces et transparentes. En outre, de l’avis des experts, envisager une allocation pour importer des voitures pour constituer une solution.

Cet apport, selon les spécialistes, n’affectera pas de manière significative le trésor public et les réserves de change. Cela permettra aussi d’accompagner la reprise du marché automobile en attendant les réformes menées par l’Etat. Une manière de faire baisser les prix pour qu’ils reviennent à leur époque d’avant-crise.