La filière automobile est devenue une priorité pour le gouvernement algérien qui cherche à réduire ses importations.  Afin de redynamiser ce secteur mis à mal par des scandales de malversation et de corruption,  la CAPC  examine « les pistes opérationnelles pour pouvoir relancer l’industrie automobile sans affecter la balance commerciale et sans exacerber la pression sur les devises du marché parallèle ».

Hier, le président de la Confédération algérienne du patronat citoyen, Mohamed Sami Agli a assuré qu’« il s’agit, notamment, de tirer profit des avantages comparatifs qu’offre notre pays à l’effet de booster l’industrie mécanique et l’exportation, tout en permettant de satisfaire crescendo la demande nationale par l’intermédiaire de financements des constructeurs automobile en lieu et place du Trésor public ».

Selon le CAPC : « durant les dix dernières années, le secteur de l’automobile a connu une instabilité juridique induite essentiellement par des changements stratégiques fréquents, partant d’une libération ouverte des importations de véhicules neufs suivie d’une réorganisation du marché à travers la spécialisation et la limitation des marques par opérateur, pour finir vers une orientation industrielle qui a évolué en plusieurs étapes ».

Pour éviter le fiasco, il aurait fallu mettre en place une  politique d’industrialisation et d’émergence d’une filière mécanique nécessitant « d’une part une connaissance parfaite du marché mondial et régional de l’automobile, et d’autre part la maîtrise des stratégies mises en place par chaque firme de construction automobile, pour pouvoir s’inscrire dans leur politique en fonction des avantages comparatifs que pouvait offrir notre pays en matière de compétitivité, coûts de production, main-d’œuvre qualifiée et position géographique », souligne la CAPC qui rappelle également que « le secteur mécanique constitue, dans tous les pays du monde, un pilier économique important ».

La même source indique que le marché automobile en Algérie a besoin d’un million de voitures en trois ans pour atteindre l’équilibre et ainsi répondre aux besoins du marché local. Si l’on ajoute la facture de consommation en carburant de près de 3 milliards, « la facture serait selon la fourchette basse de plus de 15 milliards de dollars », indique l’organisation patronale.

Le CAPC considère que se  « focaliser sur des taux d’intégration élevés paraît irrationnel» au regard de la particularité de l’industrie automobile qui connaît une « externalisation de plus en plus accrue ». L’organisation patronale affirme que «notre pays se doit, à l’instar de tout pays demandeur d’IDE et d’industrie, d’élaborer sa politique industrielle en fonction des stratégies des grands groupes industriels et leurs plans d’expansion.»

Pour elle, «l’Algérie dispose à ce titre d’importants avantages comparatifs » et peut  bénéficier des « colocalisations industrielles, particulièrement avec l’avènement du projet de loi sur les investissements ».

Un changement de cap est nécessaire

L’expertise menée par l’organisation présidée par Mohamed Sami Agli se décline  en trois étapes : « la première phase peut se dérouler à court terme à travers l’exportation de véhicules (acquis dans le cadre de crédits fournisseurs) montés en Algérie sous le régime douanier du perfectionnement actif. Il s’agit, explique-t-elle, de procéder au montage pour l’exportation avec un changement de position tarifaire à même de permettre une algérianisation du produit et le bénéfice des dispositions des différents accords. Le bénéfice tiré en devises pourrait être utilisé par l’assembleur national et son fournisseur pour alimenter le marché local».

La deuxième étape consiste à « développer la filière à travers des sociétés et des investissements qui existent déjà, plusieurs produits dans le domaine automobile destinés à l’export, tels que l’industrie de la câblerie et faisceaux de câbles, pneumatique ».

La troisième phase s’inscrit dans le long terme : «  l’Algérie dispose d’un énorme potentiel à travers les investissements déjà réalisés ou en cours de réalisation mais qui nécessitent un minimum de mise à niveau, tels que l’emboutissage de tôle ; diverses pièces moulées ; pièces électroniques auto (les modules embarquées) ; pièces électriques auto (batteries sans entretien, ampoules…) et divers pièces plastiques ».

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