Harcèlement sexuel : Air France secouée par de graves accusations

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Air France
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Un nouveau scandale secoue Air France. Deux hôtesses de l’air dénoncent des agressions sexuelles et du harcèlement sexuel. On parle de plus d’une centaine de signalements par an. Lucie et Stéphanie se confient à RMC pour parler de leurs mésaventures avec le personnel de la compagnie aérienne française…

Les deux hôtesses de l’air d’Air France affirment avoir été victimes d’agressions et de harcèlement sexuel de la part de pilotes et de responsables hiérarchiques. Lucie et Stéphanie dénoncent ces atteintes et le silence de la compagnie aérienne sur ces dépassements.

De son côté, Air France ne communique pas le nombre de signalements sur ces sujets d’agressions ou de harcèlement sexuel. Lucie n’arrive toujours pas admettre que, près de dix ans après les faits qu’elle dénonce, son agresseur présumé vole toujours chez Air France.

Elle dénonce le sentiment d’impunité des pilotes

Quant à Stéphanie, les faits présumés sont relativement récents, ils datent du 5 décembre dernier. Toutes les deux passionnées par leur métier, elles affichent leur fierté de travailler chez Air France. mais, tout d’un coup, tout bascule… Elles ont accepté de se livrer à RMC pour raconter les faits qu’elles reprochent à leurs bourreaux.

Pour Lucie, c’était lors d’un vol entre Paris et New York. Elle raconte qu’elle était à l’arrière de l’avion, dans l’espace réservé au personnel navigant, quand le chef de cabine l’aurait rejointe. Elle dit avoir été traumatisée par cette agression. Au-delà, elle dénonce le sentiment d’impunité des pilotes au sein de la compagnie.

Elle n’était pas la seule victime

Elle se confie que son cadre mettait presque sa parole en doute, en l’a conseillant d’aller au commissariat de police avec deux témoins et déposer plainte. Mais faute de témoins, que peut faire avec sa parole de petite hôtesse contre celle d’un chef de cabine !

Lucie fait savoir aussi que ses collègues hôtesses ont également subi ces pratiques au sein de la compagnie aérienne Air France. C’était lors d’une autre scène d’agression qu’elle découvre n’était pas la seule victime. En effet, elle découvre qu’ne webcam dans le cockpit et “une collection de photos des entrejambes des hôtesses” !

Ses agresseurs ne sont pas à leur première

Elle raconte ce qu’elle a vécu sur un autre vol lorsqu’elle a dû se rendre au poste de pilotage. Lucie décrit comment le copilote insiste énormément, lourdement, pour qu’elle cède à son chantage et s’asseoir au milieu des deux fauteuils des pilotes, devant une caméra !

A sa grande surprise, ses agresseurs ne sont pas à leur première. Ils étaient fiers de lui  montrer leur collection de photos des entrejambes des hôtesses qu’il incitaient à s’asseoir devant une webcam ronde… Abattue par ce qu’elle a enduré !

L’omerta au sein de la compagnie aérienne

Comme Lucie, qui dénonce l’omerta au sein de la compagnie aérienne, Stéphanie témoigne des faits lorsqu’elle était en escale à Madrid, avec un steward, le pilote et son copilote. Assurant qu’elle ne connait aucun d’entre eux, ils décident tout de même d’aller dîner ensemble. Et toute la soirée, l’hôtesse qualifie ce qu’elle entendais de “viol verbalisé”. En effet, elle a pris tous ces mots d’une façon extrêmement brutale.

Contrairement à Lucie, Stéphanie a porté plainte pour harcèlement sexuel et a pris un avocat pour se défendre, face à la compagnie mais aussi en justice. Accompagnée de l’un de ses collègue steward ayant confirmé sa version des faits, Stéphanie a prévenu aussi sa direction. Mais la plupart de ses collègues ont tenté de la décourager.

“Pour l’instant, ce n’est pas suffisamment grave”

De son côté, Air France répond face à ces accusations par une fresque géante contre le harcèlement sexuel en plein cœur du bâtiment des personnels navigants. Interrogée par RMC sur le cas de Stéphanie, Valérie Molénat, la directrice en charge de ces questions chez Air France préfère aller par le dos de la cuillère !

En qualifiant les témoignages d'”extrêmement contradictoires”, Valérie Molénat avoue effectivement, que ce genre de propos sont intolérables, et que cela ne doit pas exister. Toutefois, elle estime que :”Pour l’instant, ce n’est pas suffisamment grave”. Pour elle, il faut suffisamment de preuves, des faits très lourds, pour être licencié.

“un avion sans pilote, ça ne décolle pas. Un avion sans hôtesse, ça décolle très bien”

S’agissant du nombre de signalements sur ces sujets d’agressions ou de harcèlement sexuel, Air France communique peu. La compagnie aérienne ne tient pas des statistiques précises sur le sujet. Pour savoir combien de réclamation la compagnie reçoit chaque année, la direction emploi, formation et diversité chez Air France répond : “à peu près une dizaine”.

Enfin, Lucie reconnaît que la place qu’ont ces agresseurs aux yeux des responsables n’est pas la même que la sienne ou de celle de ses semblables. Elle est dégoutté du fait que ces pilotes et cadres sont protégés, car la hiérarchie sait très bien qu'”un avion sans pilote, ça ne décolle pas. Un avion sans hôtesse, ça décolle très bien”, regrette-t-elle.

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