Menacé de disparition, El Watan lance un cri de détresse

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El Watan
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La Direction d’El-Watan indique ce mercredi 23 février que le quotidien national d’information vit une situation critique. Encore un espace libre d’expression qui risque de disparaître. Le journal compte plus que jamais sur ses fidèles lecteurs pour survivre.

“Depuis sa création, il y a 30 ans, dans l’euphorie de l’ouverture démocratique, il s’est positionné comme organe défendant les valeurs fondamentales du processus démocratique, privilégiant la liberté d’expression en s’ouvrant à la diversité d’opinions”, rappelle la rédaction d’El Watan.

Cette dernière estime que le journal “paye donc son positionnement strictement intellectuel et professionnel (et non politique ni idéologique) alors que les lois de la République protègent sa liberté de ton, voire sa propension à incarner en toute humilité le contre-pouvoir médiatique si vital pour la construction de la démocratie.”

Le journal fait savoir aussi à ses fidèles lecteurs qu’il “est sous la menace d’une disparition du champ médiatique national”, à cause de “graves difficultés économiques” rencontrées depuis au moins deux années, tout en affichant sa sidération.

Descente aux enfers…

“L’on ne sait pas quelle sera la destinée d’El Watan dans un, deux ou trois mois, peut-être moins de temps qu’espéré, mais ce que nous pouvons vous confirmer, chers lecteurs, c’est que depuis la dernière alerte qui avait ébranlé bien des certitudes sur la situation très critique du journal au plan des équilibres financiers”, sur ces mots que la rédaction du journal El Watan a fait part de sa situation critique.

En effet, la rédaction du journal au plus grand tirage en Algérie a tiré la sonnette d’alarme quant aux conditions dans lesquelles toute une équipe de 145 travailleurs (rédaction, technique, administration) se retrouvent aujourd’hui, El Watan est dans “un degré d’enlisement menaçant gravement les chances de survie de la publication. “, a-t-elle souligne pour décrire cette cette descente aux enfers !

Stupéfaction totale !

“C’est en effet sidérant de voir le quotidien national considéré comme étant parmi les plus élaborés, parmi les plus performants, en plus d’être le plus grand tirage, se retrouver dans un tel état de décompression économique alors que la qualité et la rigueur de son travail et le professionnalisme de son potentiel opérant devraient le destiner à un rayonnement beaucoup plus cohérent, en tout cas à une meilleure finalité commerciale si les normes économiques les plus élémentaires étaient respectées.”, lit-on dans un communiqué rendu public par sa rédaction.

Avec le phénomène dramatique de régression de la liberté de presse et des libertés tout court, dénoncée par la majorité des Algériens, le ciblage d’El Watan a pris encore plus d’ampleur, au même titre que tous les partis politiques et associations qui ont à cœur de revendiquer un projet démocratique et une société de droit.

Obstacles majeurs

Le journal rappelle que “cette fatalité économique qui frappe aujourd’hui de plein fouet El Watan n’est en aucun cas due à une quelconque défaillance professionnelle ou à une démobilisation de l’entreprise, mais relève bien de facteurs exogènes qui sont connus de tout le monde.”

En effet, l’obstacle principal auquel fait face le journal est “la quasi totale disparition de la principale ressource qu’est la publicité ». Celle du privé “sous l’effet de la crise économique”, tandis que la publicité dite étatique gérée par l’entreprise ANEP “n’a eu de cesse d’obéir à des considérations politiques, pratique inaugurée depuis le début des années 1990”, regrette la direction du journal.

El Watan fait savoir qu’il “reste exclu de la publicité institutionnelle, alors qu’il représente aujourd’hui le plus grand tirage de toute la presse nationale, au mépris du bon sens des règles du marché les plus élémentaires”. Sans oublier l’autre difficulté majeure qu’est la hausse récente des coûts d’impression dû principalement à l’augmentation exorbitante du prix du papier.

Liberté et patriotisme

“Dans la mouvance de la résistance populaire dictée par une réelle inclinaison patriotique, la seule note d’espoir qui a transcendé dans ce décor ombrageux nous est venue de la fidélité de nos lecteurs et de leur magnifique élan de soutien et de solidarité à l’annonce des grosses difficultés qu’endure leur quotidien.”, ajoute-t-elle.

Face à cette situation “El Watan est contraint d’augmenter le prix de vente de la publication à 40 DA à partir du 1er mars prochain, mesure qui s’impose aujourd’hui comme une urgence vitale”, précise le journal, dans un encadré publié en ouverture de son édition papier de ce mercredi.

“Ce sont donc nos lecteurs qui restent les précieux alliés d’une aventure médiatique ne devant pas s’arrêter brusquement alors qu’il y a encore tant à faire pour notre pays.”, précise le journal en guise de reconnaissance envers ses fidèle lecteurs.

Reconnaissance envers ses fidèles lecteurs

La direction reconnait donc que le journal “a continué d’exister grâce au recours à la vente d’une grande partie de son patrimoine, au resserrement drastique de ses dépenses de fonctionnement et, bien entendu, grâce à son lectorat”.

Avant d’ajouter : “Et dans cette perspective, nos amis sauront par eux-mêmes que les 10 DA supplémentaires qui leur seront demandés à partir du 1er mars ne sont pas un impératif de profit mais réellement un bol d’oxygène pour aérer la trésorerie.”.

El-Watan compte aujourd’hui sur « la fidélité » de ses lecteurs qui, soutient la direction, « doivent comprendre que la hausse de 10 DA de leur journal est nécessaire et vitale »

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