Les relations diplomatiques entre l’Algérie et la France sont toujours tendues. Le président Abdelmadjid Tebboune est revenu à la charge. Dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, le chef de l’Etat algérien qualifie de « très grave » les récents propos de son homologue français, estimant que « M. Macron a blessé la dignité des Algériens ».

Les relations diplomatiques entre l’Algérie et la France se sont considérablement dégradées ces dernières semaines. Le président français avait en effet déclenché un tollé en Algérie après des propos rapportés samedi 2 octobre par Le Monde, mettant en cause l’existence de la « nation algérienne avant la colonisation française » et accusant notamment la « classe dirigeante » en Algérie d’entretenir une « rente mémorielle ».

Des propos non démentis par l’Elysée et jugés « irresponsables » par la Présidence algérienne. En réaction, les autorités algériennes ont riposté par le rappel de l’ambassadeur algérien à Paris et l’interdiction de l’espace aérien aux avions militaires français.


« On ne touche pas à l’histoire d’un peuple, on n’humilie pas les Algériens », a déclaré le président Abdelmadjid Tebboune à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel qui réalisé un long entretien avec lui, le 26 octobre à Alger.

Pour le chef de l’Etat algérien, « Macron est loin de la haine coloniale ». « Il l’a dit pour des raisons électoralistes », explique-t-il, en reprenant  le même discours tendancieux véhiculé par le polémiste Eric Zemmour, à savoir que « c’est la France qui a fait de l’Algérie une nation ». En réalité, il « s’est placé du côté de ceux qui justifient la colonisation », a précisé le président algérien en soulignant qu’Emmanuel Macron « reconnaît les faits, il a déjà dit en 2017 que la colonisation était un crime contre l’humanité ».

Concernant la reprise du dialogue avec son homologue français, Abdelmadjid Tebboune assure qu’il ne fera pas le premier pas. « C’est un problème national, ce n’est pas un problème du président de la République », a-t-il insisté, en affirmant : « Aucun Algérien n’accepterait que je reprenne contact avec ceux qui ont formulé ces insultes (…) M. Macron a blessé la dignité des Algériens ».

Pour rappel, le 5 octobre dernier, dans une déclaration à France Inter, Emmanuel Macron a affirmé avoir « le plus grand respect pour le peuple algérien » et entretenir des relations « vraiment cordiales » avec le président Abdelmadjid Tebboune.