Les scandales et les polémiques qui s’abattent sur Algérie Ferries ces derniers temps, auraient finalement un but derrière : la mise en faillite de la compagnie nationale de navigation maritime. De hauts cadres de l’entreprise sont impliqués.

Le scandale des traversées des navires d’Algérie Ferries quasiment vides depuis la France en est la parfaite illustration. Le 10 juin, le juge du pôle économique et financier de Sidi M’hamed a ordonné la mise en détention provisoire de plusieurs responsables de la compagnie maritime nationale. D’autres ont été placés sous contrôle judiciaire.

Après enquête, de nouvelles révélations ont fait état d’un stratagème visant à pousser la compagnie vers la faillite. Selon le procureur de la République près le pôle pénal économique et financier de la cour d’Alger, « il s’agit d’une opération planifiée avec la complicité des responsables de l’entreprise ».

« Action délibérée »

L’enquête diligentée dans l’affaire du navire Tassili II qui est parti de Marseille vers l’Algérie – quasiment vide – montre aussi qu’il s’agissait d’une « action délibérée ». Le communiqué rendu public parle de « complicité des responsables de l’Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs (ENTMV) ».

En effet, « le recours à la réquisition d’un navire vide se fait uniquement en cas d’importantes réservations à l’étranger », précise-t-on. A cet effet, les cadres de l’ENTMV sont sur le banc des accusés. De graves chefs d’inculpations sont prononcés à leur encontre.

Les cadres d’Algérie Ferries impliqués dans cette affaire

Le procureur de la République près du pôle économique et financier du tribunal de Sidi Mohamed charge notamment le DG de la société maritime, son DGA et son responsable de la cellule de développement des systèmes d’information liés aux réservations.

Ils sont accusés de « gaspillage volontaire », d’« utilisation illicite de biens et de fonds publics », d’« abus d’influence », d’« abus de fonction et de position », d’« octroi d’avantages non exploités à autrui », de « non déclaration de propriété et d’enrichissement illégal ».

Le responsable de l’administration générale et le chef d’exploitation de la Société nationale de transport maritime de voyageurs en France, sont aussi impliqués dans cette affaire.

Une pratique qui va aux dépens des intérêts de la compagnie maritime nationale

Pour rappel, deux navires d’Algérie Ferries sont parti du port de Marseille vers l’Algérie, le même jour, avec un nombre très réduit de passagers. Le Bordj Badji Mokhtar III transportait seulement 72 passagers et 25 voitures, tandis que le Tassili II avait 39 passagers et 21 véhicules à bord.

Les investigations ont révélé que cette opération a été orchestrée avec la complicité des responsables de la Société nationale des transports maritimes de voyageurs. Elles montrent également que cela a été possible en manipulant le système de réservations au niveau central.

Cette machination vise, selon les enquêteurs, à « empêcher les voyageurs de faire des réservations ». Une pratique qui va aux dépens des intérêts de la compagnie maritime nationale.