L’audit et l’assainissement des entreprises publiques est un lourd dossier préoccupant et encombrant pour l’Etat. Une trentaine d’entreprises ont bénéficié de l’aide de l’Etat. Plus de 2 900 milliards de dinars auraient été injectés pour venir en aide aux groupes sous tutelle en difficulté. 

Le ministre de l’Industrie, Ahmed Zeghdar, a déclaré dans une interview accordée à l’APS, le lancement d’un audit global dans tous les groupes sous tutelle afin d’y évaluer la gouvernance et le niveau de performance. En effet, le risque du naufrage de l’industrie publique a remis à l’ordre du jour le projet de réforme du secteur.

A l’ère de l’ex-ministre de l’Industrie du gouvernement Djerad, Ferhat Aït Ali, avait déjà annoncé, en janvier 2021, qu’un travail d’audit par groupes et par filiales avait été accompli et finalisé et servira de tremplin à l’identification d’un plan de relance et de relais de croissance. Plus de 2 900 milliards de dinars serait le montant injecté dans des opérations d’assainissement des entreprises publiques en difficulté.

De ce fait, l’audit et l’assainissement des entreprises publiques est un lourd dossier préoccupant pour l’Etat. Les entreprises ont du mal à faire tourner l’appareil de production sans les injections financières permanentes du Trésor. Ces dernières années, les subventions de l’état coûtent énormément pour la trésorerie publique.

Pour une « approche purement économique »

Selon Ahmed Zeghdar, pour mener à bien le projet de réforme du secteur public marchand, le gouvernement doit intervenir au cas par cas, c’est-à-dire, l’état ne peut désormais satisfaire toutes les entreprises publiques sans exceptions. Pour cela, il doit auditer l’ensemble des entreprises en difficulté et celles à l’arrêt, assainir leur trésorerie et proposer des perspectives économiquement viables.

Ainsi, le ministre a indiqué que le gouvernement a pris option en faveur d’une “approche purement économique” en matière de financement des groupes publics en difficulté, et les financements ne seront accordées que sur la base d’une étude de marché fiable. Un audit global sera lancé dans tous les groupe économiques étatiques afin d’en évaluer la gouvernance et le niveau de performance.

Un business plan exprimant les besoins et les ressources nécessaire ainsi que les prévisions de production et de vente centré sur les impératifs de création d’emplois et de richesses est désormais exigé. “Tous les établissements sont appelés à s’adapter à la nouvelle situation économique en vue d’assurer leur pérennité tout en contribuant à la création de la richesse et de la valeur ajoutée”, a expliqué le ministre.

Vers la dépénalisation de l’acte de gestion

Par ailleurs, Ahmed Zeghdar a admis que « que la pénalisation de l’acte de gestion constitue le premier handicap entravant l’émergence d’une gouvernance opérationnelle performante. » Sur cette question, l’état est dos au mur ; contraint d’aller chercher les compétences sur le marché libre et de réformer les modes de gouvernance, plutôt que de perpétuer une gestion peu efficiente, voire destructrice de richesses.

Alors que les nominations politiques des gestionnaires et l’absence d’obligation de résultats constituent une règle, Ahmed Zeghdar a indiqué que des mécanismes pour l’amélioration de la gouvernance des entreprises ont été mis en place, dont la conclusion de contrats de performance adaptés aux spécificités de chaque groupe industriel ou holding, en plus de l’élaboration d’un règlement intérieur pour le conseil d’administration et d’un code de déontologie pour les membres de ces conseils.

S’adapter ou disparaître !

Par ailleurs, au-delà des impératifs financiers dont ont besoin certaines entreprises, l’enjeu de réforme du secteur public marchand bute sur des retards et des lacunes en termes de planification et d’innovation. Le passage vers l’économie de marché pour certaines entreprises ne s’est pas fait faute d’innovation et de rénovation de leur appareil de production.

Plusieurs groupes de la tutelle se sont retrouvés finalement déconnectés d’une réalité où l’écosystème économique est en évolution permanente. Une situation qui met à nu leur incapacité de reproduire et mis en danger leur existence sur le marché faute de pérennité des métiers. De ce fait, le redémarrage de tout un secteur est une mission complexe et coûteuse.

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