L’islamophobie n’est nullement un vain mot en France. C’est un phénomène qui ne cesse de gagner du terrain dans le pays et qui fait fuir des familles musulmanes entières qui quittent l’Hexagone en quête de meilleurs cieux. Le Canada, la Turquie, la grande Bretagne…entre autres les accueillent les bras ouverts.

Ils sont en effet, de plus en plus nombreux, les musulmans qui quittent la France où ils ne sentent plus chez eux. Ils se sentent indésirables, disent-ils, à cause de leur religion qui n’est plus considérée comme telle, mais assimilée à une forme d’extrémisme, d’intégrisme. Les dernières élections présidentielles ont montré l’ampleur que ce fléau a pris dans le pays dit de liberté, d’égalité et de fraternité.

Pour les musulmans de France cela n’est plus qu’un slogan. Ces derniers affirment qu’ils vivent comme de véritable fugitifs. Plusieurs d’entre eux, ont dû quitter ce pays pour aller s’installer ailleurs. Le triste constat a été fait par plusieurs sites et spécialistes.

« La France, je l’aime mais je la quitte »

« C’est un exode silencieux. Ces gens disent tous la même chose : la France, je l’aime mais je la quitte. Leur première motivation, c’est fuir le climat d’islamophobie. C’est anxiogène de vivre dans ce contexte », explique le fondateur du site Al Kanz, une plateforme à destination des consommateurs musulmans français, cité par le média Middle East Eye.

Les témoignages rapportent plusieurs cas de musulmans qui ont fui le France pour ces considérations. C’est l’histoire de cet Algérien Billel et son épouse, Rahma qui ont quitté le pays pour aller s’installer en Turquie il y a deux ans.

Le père de famille d’origine algérienne témoigne : » Je suis né en France, je suis allé deux fois seulement en Algérie en vacances. Je ne parle même pas l’arabe ! Je suis français historiquement, culturellement, mais j’avais l’impression d’être un citoyen à part », affirme Billal.

Le cas d’un père de famille algérien

Au travail, poursuit-il, « j’étais fatigué d’être obligé d’en faire deux fois plus pour montrer patte blanche. Et honnêtement, je n’obtenais pas vraiment de résultat ». A Istanbul, où il a posé ses valises, le couple s’en sort plutôt à merveille. Il ne regrette en tous cas pas du tout son départ.

Le cas de Diaba est aussi illustratif, cette infirmière voilée de 39 ans est partie pour s’établir, elle au Canada. « Quand j’étais en France, j’ai postulé pour travailler dans un hôpital public. La première question que l’on m’a posée lors de l’entretien d’embauche, c’était “est-ce que vous allez enlever votre voile ?” », se souvient-elle. Diaba ne regrette pas elle aussi, son départ.

Aller sans retour

« Bien sûr, ma famille et mes amis me manquent. Mais quand je regarde les chaînes d’information françaises, je me dis que j’ai bien fait de partir,» insiste-t-elle.

C’est le cas également de Medhi, 42 ans, qui vit à Londres depuis onze ans qui affirmé n’avoir aucune intention de revenir en France. « C’est de pire en pire en France. Les débats pendant la campagne de la présidentielle ont atteint un niveau de violence intolérable. Même pour un million d’euros, je ne rentrerai pas ! », dit-il.