Quelques semaines après sa communication désastreuse, sur les incidents qui ont émaillé la finale de Ligue des champions au stade de France, Gérald Darmanin récidive déjà. Cette fois, le ministre français de l’Intérieur s’est substitué à l’Etat de droit, dans l’affaire de l’attaque perpétrée contre trois policiers à Lyon.

« Un des délinquants est étranger, annonçait-il. Sur mon instruction, il a été placé en rétention et sera expulsé ». Sauf qu’entre temps, le parquet de Lyon a mis hors de cause le suspect, un sans-papiers algérien.

Dimanche dernier, Gerald Darmanin avait en effet insisté sur l’expulsion d’un Algérien en situation irrégulière en France. Le ministre français de l’Intérieur a dérapé en accusant, à chaud, un innocent « de violences à l’encontre de policiers, place Gabriel Peri, le 20 juillet au soir ». Cette décision a cependant soulevé un tollé en France. Mais, lundi, Darmanin s’entête et défie ses opposants, affirmant ne rien regretter de ses propos tenus après la polémique suscitée.

Cette énième maladresse de communication a provoqué une levée de bouclier. Des politiciens, notamment ceux de gauche, lui ont en effet reproché d’avoir bafoué la justice. Pour Clémentine Autain, député nupes-LFI, Darmanin « semble s’asseoir sur la séparation des pouvoirs », insistant que la fraction quelle représente « se tiendra toujours du coté de l’Etat de droit ».

Une double erreur de communication

Le ministre de l’Intérieur a en effet commis deux bourdes monumentales. « Une faute institutionnelle d’abord », puisqu’il « n’est pas dans son rôle lorsqu’il émet un tel jugement précipité », analyse Clémentine Autain, au micro de BFM TV, affirmant qu’« il méprise » la présomption d’innocence

Il fait ensuite un faux pas politique, en répétant le même discours tendancieux véhiculé notamment par Eric Zemmour et le parti de Marine Le Pen (le Rassemblement national). D’ailleurs, la députée rappelle qu’Emmanuel Macron a été élu pour faire barrage à l’extrême droite au pouvoir.

Pourtant, ce gouvernement « marche un peu plus dans les idées qui sont venues polluer le débat publique », a-t-elle souligné. Ajoutant qu’en parallèle de ces polémiques : « Il faudrait quand même aborder les sujet de fond, parce que les relations entre la police et la population sont chaque jour plus complexes ».

Ainsi, Gérald Moussa Darmanin, petit fils d’un tirailleur algérien, dans les Forces françaises de l’intérieur (FFI), a manifestement la gâchette facile. À en croire que c’est une histoire de famille…