Des députés de l’émigration sont montés au créneau, pour demander l’ouverture d’une enquête, suite au décès de deux ressortissants algériens à bord des bateaux d’Algérie Ferries. Jusqu’à présent, la compagnie maritime algérienne se distingue par un silence assourdissant et reste muette face à ces drames. 

Deux ressortissants algériens sont décédés à bord du navire Tariq Ibn Ziyad, qui aura ainsi fait une reprise pour le moins dramatique, après plusieurs mois d’arrêt pour des raisons techniques.

Le premier décès est survenu, dans la nuit de jeudi 30 juin à vendredi 1er juillet, dans ledit bateau qui était au niveau du port de Marseille, en attente de sa traversée vers Alger. Le passager a été victime d’un arrêt respiratoire quelques temps seulement après son embarquement.

« La sonnette d’alarme doit être lancée »

Vendredi 8 juillet, soit la veille de l’Aïd al-Adha, un autre Algérien a trouvé la mort dans le même navire stationné au niveau du port d’Alicante en Espagne. Le car-ferry Tariq Ibn Ziyad s’apprêtait au moment du drame à quitter le port à destination d’Oran. La mauvaise nouvelle, qui a été largement partagée sur les réseaux sociaux, a été confirmée dimanche 10 juillet par le député de l’émigration Abdelouahab Yagoubi.

Ce dernier, cité par le journal arabophone Echorouk, a d’ailleurs réclamé des enquêtes pour déterminer les circonstances précises de ces deux décès survenus en l’espace de 8 jours. Pour lui, la situation ne peut pas durer ainsi : des solutions s’imposent pour éviter d’autres catastrophes à l’avenir.

Le silence assourdissant d’Algérie Ferries

Même son de cloche chez le député Farès Rahmani, qui a affirmé que la sonnette d’alarme doit être tirée pour mettre fin aux souffrances de la diaspora algérienne qui fait face, a t-il dit, à de véritables cauchemars pour se rendre en Algérie. Pour ce dernier, qui s’est également exprimé dans le même quotidien, une enquête s’impose pour lever le voile sur ces deux affaires.

Farès Rahmani a indiqué qu’il a vu de ses propres yeux des Algériens passer la nuit à la belle étoile, à Marseille et à Alicante, dans l’espoir d’embarquer sur les navires d’Algérie Ferries. Pour les deux parlementaires, ces décès sont les conséquences de la longue attente des voyageurs au niveau des ports, avant l’embarcation, à cause des interminables et fréquents retards et reports des traversées. Ils affirment ainsi que les responsabilités de chacun doit être déterminée.

Il y a lieu de signaler que la compagnie maritime algérienne n’a pas jugé utile de communiquer concernant ces deux décès. Algérie Ferries entretient en effet un silence assourdissant suscitant l’indignation de ses clients.

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