Les enfants d’émigrés sont moins diplômés que ceux nés de deux parents français. C’est ce qui ressort de l’enquête de Trajectoires et Origines, réalisée conjointement par l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) et l’Institut national d’études démographiques (INED).

C’est un secret de polichinelle. Une grande partie de la population française est issue de l’émigration. Venus des différents pays notamment africains, des émigrés ont fondé des foyers en se mariant avec des conjoints français(es). Ce flux migratoire ne date d’ailleurs pas d’aujourd’hui. Il remonte à plusieurs années.

Des générations entières de ressortissants africains dont les Algériens, sont d’ailleurs nées en France et détiennent donc la nationalité française. L’enquête menée par l’Insee révèle que « parmi les personnes vivant en logement ordinaire en France métropolitaine, 5,8 millions sont immigrées, soit 9 % de la population ». Selon la même étude, ils sont près de 7,5 millions d’individus descendants d’immigrés de la deuxième génération.

L’enquête indique par ailleurs que les personnes issues de l’émigration sont moins diplômées que les enfants dont les parents sont français. Cependant, relève encore la même source, les enfants d’émigrés sont plus diplômés que leurs parents.  Ce qui fait dire à l’Insee et l’INED que le niveau d’éducation est en nette progression au sein des familles d’émigrés.

Les enfants d’émigrés plus diplômés que leurs parents

« 72 % des descendants de deux parents immigrés obtiennent un diplôme plus élevé que celui de leurs parents, affirme l’étude. C’est davantage que pour les enfants de couples mixtes ayant un seul parent immigré (55 %) ou encore les descendants de natifs (57 %). Pour autant, ces enfants de deux parents immigrés, partant d’un capital scolaire plus faible, demeurent moins souvent diplômés du supérieur que les descendants de natifs », indiquent en effet les auteurs de cette enquête.

Néanmoins, ces diplômes ne permettent pas souvent à leurs détenteurs issus de l’émigration d’accéder à des postes d’emploi supérieurs. 63 % pour immigrés originaires du Maghreb, 67 % pour ceux d’Asie et 71 % pour ceux du reste de l’Afrique, ont eu cette chance d’avoir accès à ses professions souvent réservées aux natifs.

Une situation que les enquêteurs expliquent par le phénomène de la ségrégation dont sont toujours victimes ces émigrés, bien qu’ils sont français vis-à-vis de la loi. Cet état de fait « tient aux discriminations à l’embauche régulièrement mesurées », indique-t-on en effet.