Un médecin algérien, parti en France pour exercer son métier, n’arrive toujours pas à atteindre son objectif. La tâche est plus compliquée que ce qu’il ne pensait. Il galère toujours à s’imposer dans sa spécialité et risque même de revenir en Algérie. 

Des centaines de médecins algériens partent en France chaque année. Le président du Syndicat national des praticiens de le santé publique (SNPSP), Lyes Merabet, a révélé à ce titre le mois de février dernier que 1200 médecins algériens quittent le pays chaque année pour s’installer en France.

Ces médecins qui partent dans l’Hexagone espéraient s’installer dans ce pays et exercer ainsi leur métier dans de meilleurs conditions. Cela dit, les choses ne se passent pas souvent comme ils le désirent. Ce n’est qu’une fois sur place qu’ils découvrent la réalité du terrain.

La dure réalité du terrain

C’est le cas de ce spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologique qui, après avoir eu son diplôme en Algérie, a décidé de rejoindre la France avec l’espoir de s’épanouir. C’était en 2017. Il découvre cependant, à ses dépends, que les choses ne sont pas du tout comme ils les imaginait.

En fait, cet algérien est loin de constituer un cas unique. Tous les médecins diplômés hors de l’Union européenne sont soumis aux mêmes conditions. Ces derniers sont appelés à mener « un véritable parcours de combattant », comme ce ressortissant algérien l’a souligné, pour espérer exercer leur métier en France dans les mêmes conditions que leurs confrères diplômés en Europe.

« J’ai toujours un contrat précaire »

Ils sont ainsi appelés à faire face à des « examens ultra sélectifs » et « aberrations administratives », indique encore le médecin algérien qui affirme « avoir maintes fois pensé abandonner ».

Ils sont plus de 5000 praticiens étrangers, issus des pays hors de l’UE, à exercer dans des hôpitaux publics français en qualité de temporaire.

« J’opère plus de 400 personnes par an, je forme des internes, je suis membre de dix sociétés savantes, je participe à des congrès internationaux. Et malgré cela, j’ai toujours un contrat précaire », a confié le praticien algérien à l’AFP.

Il est toujours dans « le flou le plus total »

Ce spécialiste en chirurgie orthopédique et traumatologie tient toujours le coup. Mais jusqu’à quand ? Passée la déception, il entreprend les démarches pour une éventuelle régularisation, il attend toujours.

Après avoir justifié deux ans d’exercice, lui permettant de bénéficier du dispositif de la loi santé d’Agnès Buzyn (2019), cet algérien, qui a du travailler sans salaire, a déposé un dossier pour une éventuel régularisation définitive en mai 2021.

Il n’a obtenu cependant qu’une « autorisation provisoire d’exercice valable jusqu’au 31 décembre 2022 ». Il se trouve du coup dans « le flou le plus total » quand à son avenir.

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