Après la décision de réouvrir les frontières terrestres entre les deux pays, une autre bonne nouvelle attend les touristes algériens en partance vers la Tunisie : plus de pose de sabots pour les automobilistes mal stationnés ! Mais, cette mesure a été vivement critiquée par un bon nombre de citoyens et de politiciens tunisiens.

Fermées depuis plus de deux ans, la réouverture des frontières terrestres en l’Algérie et la Tunisie est prévue pour ce vendredi 15 juillet. Cette bonne nouvelle a été annoncée la semaine passée en marge de la visite en Algérie du président tunisien Kais Saïed à l’occasion de la célébration du 5 juillet.

Selon ce dernier, cette décision, qui renforce les relations diplomatiques entre les deux pays, est motivée par les forts liens qui existent entre les deux peuples. Ainsi, « les Algériens pourront se rendre dans leur second pays la Tunisie et inversement », avait déclaré Abdelmadjid Tebboune.

« Passe droit » pour les touristes algériens en Tunisie

Un traitement à part sera réservé aux automobilistes algériens. Dorénavant, ils ne devront plus se soucier de l’infraction liée au stationnement et des ses retombées pénalisantes. Le risque de voir leurs véhicules mis sous sabot ou menacé de fourrière relève du passé ! Le ministère tunisien de l’intérieur a en effet ordonné aux services concernés de « ne verbaliser aucun automobiliste algérien surpris en stationnement interdit ».

Aussitôt la décision rendue public, des politiciens tunisiens sont monté au créneau pour crier au scandale. Pour l’ancien chef de cabinet à la Présidence, Adnen Mansar, cité par le média tunisien Babnet, « aucun pays n’est censé accorder le privilège d’enfreindre les lois sur son territoire à quiconque, quelle que soit sa nationalité ».

« Une mesure discriminatoire envers les Tunisiens »

Même son de cloche chez les citoyens. D’après les réactions sur les réseaux sociaux, cette mesure exceptionnelle en faveurs des vacanciers algériens a suscité l’indignation d’un bon nombre d’internautes tunisiens qui la qualifient de « discriminatoire » pendant que « le citoyen tunisien ne jouit pas de son plein statut dans son pays », a rapporté le site d’information Arabesque.

D’autres internautes ne sont pas allés avec le dos de la cuillère pour exprimer leur mécontentement et pointer du doigt les autorités qui œuvrent, selon eux, «  à vénérer les étrangers pour l’argent du tourisme ».

Un autre bon argument

Il est à noter que près de trois millions d’algériens se rendent chaque année en Tunisie. Selon un haut fonctionnaire du ministère algérien du Tourisme, « la voie terrestre représentait (avant pandémie, ndlr) la principale porte d’entrée des touristes algériens en Tunisie avec 93 % des passages ».

L’affluence des touristes algériens contribuera ainsi grandement à la relance du l’activité touristique paralysée pendant deux ans par la crise sanitaire. Les autorités tunisiennes l’ont bien compris. Ne pas verbaliser les automobilistes, ayant commis une infraction de stationnement, est un bon argument qui encouragerait encore les vacanciers algériens de s’y rendre.