Le Portugal ne fait pas de différence entre les sans-papiers. Les détenteurs d’un visa Schengen, en cours de validité ou expiré, et les clandestins qui se sont introduits illégalement via les frontières de l’espace Schengen, peuvent prétendre à une carte de séjour après une durée moyenne de 12 mois sur le territoire portugais.

Le Portugal est un pays d’immigration. Il a la particularité, depuis une trentaine d’années, d’accueillir un nombre important d’étrangers, estimé en 2021 à près de 580 000 immigrés. En plus des Brésiliens et des Asiatiques, les ressortissants africains, notamment les Algériens, les Marocains et les Tunisiens, l’ont bien compris et n’hésitent plus à tenter leur chance dans ce pays.

Pourquoi plus particulièrement le Portugal ? Car la procédure de régularisation des sans-papiers est moins complexe que dans les autres pays de l’espace Schengen. Et, elle concerne non seulement les étrangers détenteurs d’un visa – court séjour, long séjour ou expiré -, mais aussi les migrants entrés illégalement sur le territoire. Cette dernière catégorie doit néanmoins posséder un passeport au moment d’enclencher les démarches régularisation. Dans le cas contraire, ils doivent s’adresser aux services consulaires de leur pays d’origine pour une délivrance de passeport.

Comment obtenir une carte séjour au Portugal ? Concrètement, il suffira aux immigrés de réunir les documents requis pour produire la demande de titre de séjour. Il faudra entre autres s’adresser aux services publics de santé, louer un logement, signer un contrat de travail, ouvrir un compte courant, s’inscrire à la sécurité sociale…

Les documents requis pour demander une carte de séjour au Portugal

Une attestation de résidence délivrée, par la mairie d’arrondissement dont le migrant dépend, après avoir présenté un contrat de location ou une attestation sur l’honneur de deux habitants en situation légale au Portugal.

Un contrat de travail, qui est généralement facile à décrocher dans le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP), les activités agricoles et annexes, ou encore l’hôtellerie et la restauration.

Un compte bancaire. La plupart des banques, basées au Portugal, demandent préalablement de produire un contrat de travail et une pièce d’identité, pour procéder à l’ouverture du compte courant.

Un numéro d’identification fiscale (NIF) attribué aux contribuables par les administrations fiscales portugaises. Une fois obtenu, cet identifiant unique figurera sur la l’avis d’imposition à l’impôt sur le revenu, la taxe d’habitation, la taxe foncière…

Un numéro d’identification à la sécurité sociale (NISS). Il est attribué par les instances de la sécurité sociale après avoir présenté un contrat de travail.

S’inscrire aux services de santé publics du lieu de résidence pour obtenir un numéro d’utilisateur au SNS. Cette demande s’effectue, de préférence, en parallèle de la demande de numéro de sécurité sociale.

Un casier judiciaire du migrant délivré par les autorités et les services consulaires de son pays d’origine.

A noter que les documents requis pour une demande de régularisation peuvent être légèrement différents d’une ville à une autre. Il faut également savoir  qu’en plus des documents cités, les migrants entrés illégalement au Portugal – via les frontières terrestres – doivent garder leur billet de train ou d’autobus pour justifier leur date d’entrée sur le territoire.

« Ça a duré 9 mois », affirme un ancien sans-papiers

Algérie-Expat s’est intéressé à cette parade et a pu recueillir deux témoignages. « J’étais à Aubervilliers (Paris). Mon visa avait expiré lorsque j’ai entendu parler ça : un ami m’a appelé pour me dire qu’au Portugal la procédure de régularisions des sans papiers dure environ une année. Je n’ai pas hésité une seule seconde. En France, la procédure d’obtention d’une carte séjour prend sept années (en moyenne). Le calcul était fait », raconte Walid, un Algérien de 22 ans, entré sur le territoire portugais en novembre 2019, par autobus via l’Espagne, après avoir dépassé la durée de validité de son visa obtenu pour la France.

« En ce qui me concerne, je n’ai pas perdu de temps, ça a duré 9 mois. J’ai obtenu mon titre de séjour début 2021. Les procédures m’ont coûté environ 600 euros », précise-t-il.  « Actuellement, je travaille dans la restauration, à Faro (une région au sud du Portugal), et je compte bien y rester. On m’a dit que je pourrais demander une résidence permanente après 5 ou ans », se réjoui-t-il.

L’autre témoin s’agit de Oussama, un Marocain qui a obtenu un visa pour la Turquie, avant de traverser les frontières terrestres de nombreux pays européens, pour arriver en Espagne, et franchir la dernière ligne droite vers le Portugal. « Je souffrais à Séville. Je n’avais pas boulot. Donc, pas d’agent pour subvenir à mes besoins : comme au bled quoi… (rire). Je dormais chez des compatriotes dans de salles conditions : on était à 5 dans une chambre […] Je suis tombé sur l’info sur internet. J’ai ensuite contacté sur Facebook des marocains établis au Lisbonne. Ils m’ont dit que c’était vrai : le Portugal c’est l’eldorado des sans-papiers. D’ailleurs, deux d’entre eux, dans le même cas que moi, ont eu leurs cartes de séjour », souligne-t-il.

« Ça fait presque un ans que je suis à Sintra, près de la capitale, Lisbonne. J’ai réuni tous les documents nécessaires et déposé mon dossier. J’attends toujours qu’on me convoque pour me régulariser. Parallèlement, je travail dans le bâtiment, je prends des cours de portugais et je fais une formation pour devenir coiffeur. C’est moins usant… et c’est un métier qui me plaît beaucoup », ajoute Oussama, 27 ans.