Le Québec souffre d’une pénurie sans précédente de la main d’oeuvre, alors que certains métiers spécialisés sont fortement demandés. Le renfort de l’étranger demeure une alternative pour le gouvernement, mais les procédures facilitatrices tardent à venir.

Des employeurs et certaines firmes de recrutement et spécialistes en immigration préconisent l’intégration de certains métiers à la liste des professions ayant accès au traitement simplifié pour l’octroi d’un permis de travail temporaire.

La non prise en compte de ces derniers inquiète les employeurs. A cet effet, le gouvernement de François Legault – premier ministre du Québec est plus que jamais interpellé sur ce sujet.

Le Québec conçoit plusieurs aides et programmes depuis des années pour promouvoir ‘’la destination Québec’’. En facilitant les démarches administratives, le Québec veut attirer plus de main-d’œuvre qualifiée et d’entrepreneurs francophones. Certains métiers sont en forte demande dans la Belle Province, mais des lacunes persistent pour concrétiser cette politique d’immigration.

Des professions et des métiers non pris en compte

Ainsi, 37 professions de niveau C, selon la classification nationale des professions, ne figurent toujours pas sur cette liste publiée le 24 février dernier. Dans d’autres secteurs en forte pénurie de main-d’œuvre, certaines professions demandant un peu plus de qualifications (niveau B) ont carrément été retirées de la liste.

Des métiers ne sont pas pris en considération par Jean Boulet, ministre de l’Immigration et du Travail. Pourtant, il avait annoncé il y a quatre mois qu’elles y seraient, à l’instar des chauffeurs de transport, manutentionnaires et opérateur de machinerie lourd. Les professions de préposés aux bénéficiaires, aides-infirmières et aides-soignantes, soumises à une forte demande, ne sont pas non plus sur la liste.

Déficit important de main-d’œuvre

La profession de boulanger-pâtissier devait être rajoutée à la liste, mais elle n’y est finalement pas, bien que plusieurs propriétaires de boulangeries aient dénoncé un grave problème de recrutement l’an dernier. D’autres professions de catégorie B, comme surveillant de transport routier ou dessinatrice de mode, attendent aussi d’être réhabilitées sur la liste.

La Commission des partenaires du marché du travail considère au total, tous niveaux confondus, 71 professions, devaient être ajoutées sur la liste du traitement simplifié. Elles sont considérées comme étant « en déficit important de main-d’œuvre ». En effet, la moitié avait été retirée de la liste par le gouvernement Legault lui-même.

Lenteur et attente

L’autre problème soulevé par les professionnels est le délai. À l’heure actuelle, faire venir un travailleur étranger est un processus qui peut prendre jusqu’à un an. Il faut d’abord que l’employeur fasse une étude d’impact sur le marché du travail afin de prouver qu’il comble un réel besoin et qu’aucun Canadien n’est disponible pour l’emploi.

Cette démarche, qui coûte 1000 dollar par travailleur qu’on veut faire venir, peut prendre de quatre à cinq mois. Une demande de permis de travail met autant de temps à être traitée par le fédéral. De plus, l’employeur doit aussi avoir préalablement affiché pendant au moins un mois le poste et démontrer que personne n’a répondu à l’appel.

Pour un traitement simplifié !

Cette dernière démarche n’est toutefois pas obligatoire si la profession en question figure sur la liste de traitement simplifié. Celle-ci peut faciliter l’accès à la résidence permanente. Elle permet également à un employeur de faire venir autant de travailleurs qu’il veut et d’octroyer des contrats de 36 mois au lieu de 24.

La déception est grande chez certains clients qui attendaient impatiemment ces changements. Ces derniers devaient contribuer à réduire les délais pour faire venir des travailleurs étrangers temporaires. La solution réside donc dans les changements qu’ils faudrait apporter à la liste des professions. Pour l’octroi d’un permis de travail temporaire, il faut que l’accès au traitement soit simplifié.

Pour rappel, les permis de travail canadiens sont divisés en deux grandes catégories, ceux qui nécessitent une évaluation de l’impact sur le marché du travail (EIMT) positive ou neutre, et ceux qui sont exemptés de l’EIMT.

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