“En guerre(s) pour l’Algérie”, un vaste projet documentaire et historique dévoilé cette semaine, façonné autour de 66 témoignages inédits sur la guerre d’Algérie, diffusée par la chaîne franco-allemande ARTE. Produite pour commémorer le 60e anniversaire de la fondation de l’Etat Algérien, la guerre d’Algérie est racontée par ceux qui l’ont subie, qui l’ont faite, qui ont voulu l’empêcher… 

Après la série “Alger confidentiel“, la chaîne franco-allemande ARTE diffuse les 1er et 2 mars sa nouvelle série documentaire sur l’Algérie “En guerre(s) pour l’Algérie”. Une autre série documentaire sur l’Algérie, en six épisodes de 52 minutes, mettant en scène des images d’archives parfois méconnues.

Passionnante et bouleversante, cette ambitieuse série documentaire retrace l’un des plus traumatisants conflits coloniaux du XXe siècle. Soixante ans après les accords d’Évian, en archives et à travers l’expérience intime de celles et ceux qui l’ont vécu en France et en Algérie, “En guerre(s) pour l’Algérie” est un récit aussi éclairant que touchant qui retrace la guerre, son organisation jusqu’à la fin du conflit et l’indépendance.

Témoignages précieux

Combattants indépendantistes du MNA (Mouvement national algérien) et du FLN (Front de Libération nationale), pieds-noirs, membres de l’OAS (Organisation de l’Armée secrète), militaires de carrière, appelés, harkis, porteurs de valises, civils algériens parqués dans des camps de regroupement… ils veulent tous parler ! Leurs témoignages sont précieux. Ils sont les derniers à pouvoir raconter ce que c’était de vivre dans les ultimes moments de l’Algérie coloniale.

A l’approche du soixantième anniversaire des accords d’Evian, avec ses cinq heures d’images et de témoignages, “En guerre pour l’Algérie(s)” apporte un regard inédit sur un conflit qui a duré huit ans et continue de déchirer les mémoires. Ils sont une soixantaine de témoins, de visages, de voix, qui étaient enfants, adolescents ou jeunes adultes avant l’indépendance de l’Algérie et qui expliquent, souvent pour la première fois, ce qu’ils ont vécu durant la guerre.

Témoins au bout des lignes rouges…

“En guerre pour l’Algérie(s)”, est un projet confié au réalisateur Rafael Lewandowski et à l’historienne Raphaëlle Branche, co-auteurs. Elle se base sur les témoignages d’acteurs qui expriment encore les tragédies enfouies dans leurs souvenirs, où les mots butent toujours sur les souffrances passées. A l’approche du soixantième anniversaire des accords d’Evian, les cinq heures d’images et de témoignages apportent un regard inédit sur un conflit qui a duré huit ans – de 1954 à 1962 – et continue de déchirer les mémoires.

Au terme de trois ans de travail, les coauteurs et leur équipe ont réalisé 180 heures d’entretiens. Ces témoignages constituent aussi le fil rouge de la série documentaire En guerre(s) pour l’Algérie, coproduite avec Arte, qui diffusera les six épisodes de 52 minutes en première partie de soirée les 1er et 2 mars.

Au début de l’insurrection armée

Les trois premières parties reviennent aux prémices de la révolution algérienne. La France n’a rien vu venir. Et pourtant… L’épisode 1, “Crépuscule colonial, relate l’attentat dont Brahim est témoin à bord de son autocar le 1er novembre 1954, qui marque le début de la guerre de libération algérienne.

Le régime colonial instauré depuis 1830 par la France en Algérie est déstabilisé. Les maquis fédèrent de plus en plus et le FLN se structure. En août 1956, il organise son premier congrès. Le deuxième épisode parle de “L’insurrection algérienne”.

Brahim, chauffeur de car, assiste dans les Aurès, le 1er novembre 1954, à l’assassinat de deux passagers. Cet attentat, signé par le FLN, compte parmi les dizaines qui éclatent ce jour-là sur tout le territoire algérien, marque le début de la guerre de libération.

Faire face à la révolution !

Le témoin parle de ce qu’il a fait et ressenti durant les « événements », l’euphémisme employé par les autorités françaises jusqu’en 1999. Mais plus la France fait preuve d’intransigeance, plus le combat indépendantiste se justifie aux yeux des Algériens. De son côté, la France veut réagir vite et fort.

Pour répondre à la révolte qui gronde sur le territoire algérien, elle se lance dans des opérations de répression sans précédent et engage le contingent dans la guerre.  L’épisode 3, “Terrorismes et guérilla”, quant à lui, porte sur la lutte armée menée par le FLN. “En guerre pour l’Algérie(s)” la qualifie de la guérilla et du terrorisme aveugle en ville.

Pour briser cette révolution, l’armée française est prête à tout. Sur le plan interne, les indépendantistes du FLN et du MNA se livrent à une lutte sans merci pour s’imposer comme unique représentant du peuple algérien.

“Je vous ai compris”

Le combat pour l’indépendance obtient de plus en plus de soutien à l’international. La France est fragilisée. La IVe République vacille. En 1958, le Général de Gaulle arrive au pouvoir. Pour les partisans de l’Algérie française, il est l’homme providentiel, Épisode 4, “Je vous ai compris”, est consacrée à cette période décisive. Une référence au fameux discours du Président français à Alger en juin 1958.

Le FLN annonce la création d’un Gouvernement Provisoire de la République (GPRA) et ouvre un second front en métropole.
En Algérie, grâce aux camps de regroupement, aux zones interdites et à sa nouvelle stratégie, la France commence à écraser militairement son adversaire. Fin 1959, le calme semble revenir, mais pour combien de temps ? La fin de colonisation sonne…

Vers l’indépendance…

Le Général de Gaulle a décidé alors de laisser aux Algériens le choix de leur avenir. Cette proposition sera soumise à référendum. Mais à Alger, des ultras de l’Algérie française se révoltent. Alors que le président de la République tente de premières négociations, le GPRA est divisé. C’est l’impasse.

En métropole, on commence à s’interroger sur les raisons de prolonger le conflit. Le 8 janvier 1961 le projet d’autodétermination de l’Algérie est adopté. Il ouvre la voie à une indépendance de l’Algérie, pour une “Algérie algérienne”, c’est le titre du 5e épisode.

…une nouvelle histoire commence

La victoire du Oui au référendum sur l’autodétermination finit d’exaspérer une partie de l’armée et des Pieds noirs. Les plus radicaux partisans de l’Algérie française fondent un nouveau mouvement clandestin : l’OAS organise de nombreux attentats sur le sol algérien et en métropole. La mobilisation de la population algérienne pour l’indépendance est l’objet du 6e épisode, “L’Indépendance”.

En mars 1962, un cessez-le-feu est enfin signé. Français d’Algérie, militaires et harkis quittent le territoire dans la précipitation. En juillet, l’indépendance de l’Algérie est proclamée. La révolution populaire a vaincu l’atrocité du colonialisme, après tant d’années de souffrances, une nouvelle histoire commence…

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