Un prêche, un tweet et une polémique. L’affaire de Mmadi Ahamada, imam de Saint-Chamond n’a pas connu son épilogue. Dernier épisode en date : l’action de l’imam contre l’arrêté de la préfète de la Loire devant le Tribunal administratif (TA) de Lyon.

Le tribunal administratif de Lyon a rendu sa décision le 18 mars. Si l’obligation faite à l’imam de Saint-Chamond de quitter le territoire français n’est pas remise en cause, l’interdiction de revenir en France durant un an est annulée par la justice. L’imam va faire appel.

Il a obtenu à la surprise générale le 18 mars 2022 une victoire en Justice devant le Tribunal administratif de Lyon, qui a cassée son interdiction du territoire français pendant un an, sans remettre en cause son OQTF.

Mmadi Ahamada interdit de revenir sur le territoire national

Mmadi Ahamada convoqué pour ce mardi 29 mars. L’Imam de Saint-Chamond a trouvé, vendredi matin dans sa boîte aux lettres, une convocation pour une « éventuelle rétention administrative », première étape vers son expulsion.

Initialement prévue en janvier, l’audience au TA s’est tenue le 4 mars et la décision a été rendue le 18 mars. Elle annule en partie l’arrêté préfectoral qui rejetait la demande de renouvellement de carte de séjour temporaire de Mmadi Ahamada et lui interdisait de revenir sur le territoire national durant un an.

La préfecture refuse de lui renouveler son titre de séjour

Mmadi Ahamada, imam comorien de la mosquée Attakwa à Saint-Chamond, vit de titres de séjours provisoires successifs depuis 8 ans en France avec une femme et 3 enfants. Cela fait près de 4 ans qu’il exerce à Saint-Chamond, commune de la Loire qui abriterait 3.000 musulmans.

Actuellement, il est en situation irrégulière depuis octobre, quand la préfecture de la Loire lui a refusé le renouvellement de son titre de séjour. La raison : le court extrait d’un prêche prononcé par l’imam en juillet, qui avait déclenché une polémique après sa publication sur Twitter par une élue municipale couramiaude, alors sous l’étiquette…

Le rapport aux femmes en cause

Ces deux mesures avaient été initialement décidées fin octobre 2021 par la Préfète de la Loire en présence du directeur de la mosquée aux vues de ses propos “appelant à la discrimination à l’égard des femmes (…) et contraires aux valeurs et aux lois de la République”. Et Ahamada va encore faire appel de cette décision, pourtant favorable.

Au départ de sa révocation le 22 juillet 2021 et de son expulsion du territoire pour non-renouvellement de son titre de séjour, il y a un prêche en français autour des femmes du Prophète prononcé le 19 juillet 2021 lors de l’Aïd. Un extrait de ce prêche a été diffusé sur les réseaux sociaux par une conseillère régionale RN.

L’Imam comorien se défend

A noter que suite à la polémique, ces propos ont été publiquement défendus par le groupe municipal Europe Écologie-Les Verts. L’ex-imam, qui enseignerait toujours aux enfants dans des classes mixtes, se défend :

« J’ai juste cité un verste du Coran. Ce ne sont pas mes mots, mais ceux du prophète et l’on me traite comme un terroriste. C’est comme si on reprochait à un curé ou un rabbin de citer un texte sacré extrait du livre de leur religion”

Ce vendredi, Mmadi Ahamada a trouvé dans sa boîte aux lettres une convocation, mardi 29 mars, à l’unité de police administrative de Saint-Etienne pour une « vérification du droit au séjour et éventuelle rétention administrative ». En clair : la première étape en vue de son expulsion et de son rapatriement vers les Comores, son pays d’origine.

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