60e anniversaire des Accords d’Evian : devant des témoins de toutes les mémoires

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Photo de la guerre d’Algérie
Photo de la guerre d’Algérie

Les relations entre les deux pays sont marquées par un certain apaisement à l’approche des élections après deux années de crispations. Emmanuel Macron présidera une cérémonie ce samedi devant des témoins de toutes les mémoires liées à la guerre d’Algérie. Après 60 ans des accords d’Evian, place à l’apaisement des mémoires.

L’Algérie et la France sont intimement liés par l’Histoire, de la conquête et la colonisation de 1830 à la Guerre d’indépendance. Premier président français né après la guerre d’Algérie, Emmanuel Macron affiche encore une fois sa volonté de dépassionner et débloquer ce dossier lié à son histoire coloniale à l’occasion du 60e anniversaire des Accords d’Evian et du cessez-le-feu en Algérie.

Tout au long de son mandat, Emmanuel Macron n’a cessé, à maintes reprises, de rasséréner les relations bilatérales entre les deux pays, intimement liés par l’Histoire, de la conquête et la colonisation de 1830 à la Guerre d’indépendance. Son quinquennat est marqué par le pardon, la réparation et la reconnaissance.

Les présidentielles en ligne de mire

Les relations entre les deux pays sont marquées par un certain apaisement à l’approche des élections après deux années de crispations. Toutefois, la date du 19 mars 1962, qui marqua l’entrée en vigueur du cessez-le-feu entre armée française et indépendantistes algériens, continue à faire polémique. Ce qui n’a pas empêché Emmanuel Macron d’organiser, samedi, à l’Élysée, une cérémonie pour le 60e anniversaire des Accords d’Evian.

« Commémorer n’est pas célébrer », a toutefois souligné l’Élysée en prenant soin de ménager toutes les susceptibilités à moins d’un mois du premier tour de la présidentielle. Et d’ajouter : « Le 19 mars est une étape sur ce chemin (de mémoire) mais ce n’en est pas le terme », a insisté la présidence, en rappelant qu’un hommage serait aussi rendu aux appelés de la guerre d’Algérie le 18 octobre si Emmanuel Macron est « réélu ».

En effet, les rapatriés contestent la référence à cette date en raison des violences qui se poursuivirent jusqu’à l’indépendance de l’Algérie. Durant ces quatre mois, de mars à juillet 1962, des centaines de milliers d’entre eux ont subi l’exode vers la France.

Devant des témoins de toutes les mémoires

« Tous les événements liés à la guerre d’Algérie ne se sont pas terminés du jour au lendemain avec la signature des Accords d’Evian », a concédé l’Élysée en citant notamment la fusillade de la rue d’Isly à Alger, dans laquelle des dizaines de partisans de l’Algérie française furent tués par l’armée le 26 mars 1962.

Ainsi, au nom de la réconciliation mémorielle, Emmanuel Macron veut dépassionner et débloquer ce dossier. Un dossier lié au passé colonial de la France qui devient de plus en plus un fardeau pour la mémoire collective. La cérémonie, qui se tiendra de 12H00 à 13H30, réunira des témoins de toutes les mémoires liées à la guerre d’Algérie, appelés, combattants indépendantistes, harkis et rapatriés.

La commémoration connaîtra la présence ministre des Armées Florence Parly et le chef d’État-major des Armées Thierry Burckhard, ainsi que des élus. Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, ville qui accueillera le futur musée de l’Histoire de France et de l’Algérie, sera également présent. Quant à l’ambassadeur d’Algérie en France, Mohamed-Antar Daoud, il a été invité, a indiqué l’Élysée, sans préciser s’il avait accepté l’invitation.

“La main tenduE restera tendue”

L’objectif de cette commémoration, « réconcilier » et « apaiser », reste le même que lors des précédents rendez-vous du quinquennat autour de la guerre d’Algérie, a souligné un conseiller présidentiel. Suivant les préconisations de l’historien Benjamin Stora, Emmanuel Macron a voulu, à travers une série de gestes mémoriels, « réconcilier la France et l’Algérie » ainsi que les « mémoires cloisonnées » en France, a rappelé l’Élysée.

Le Premier ministre Jean Castex pourrait ainsi effectuer une visite à Alger les 23 et 24 mars, a précisé l’Élysée. Celle-ci, initialement prévue en 2021, avait été annulée sur fond de tensions bilatérales. En effet, l’année dernière a connu une crise diplomatique ayant duré des mois, ponctuée par le rappel de l’Algérie de son ambassadeur en France.

Mais Alger, qui réclame des excuses officielles de la France pour la colonisation, n’a pas donné suite à ce travail de mémoire. « C’est une main qui est tendue et qui restera tendue », a toutefois souligné l’Élysée.

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