Marie-Claire est née en France d’une mère française et d’un père algérien parti un an après sa naissance. Quelques années plus tard, elle se retrouve à la DDASS suite à une dispute qui a mal tournée entre sa mère et son nouveau conjoint, également algérien. De retour au domicile familial, elle est enlevée dans les années 90, à l’âge 11 ans, par son beau-père qui voulait la remettre à la famille de son père biologique.

Avant l’enlèvement

Même avant son enlèvement, Marie-Claire a connue une enfance douloureuse. Dans son livre, « l’otage en sursis », elle retrace son histoire qu’elle qualifie de « traumatisante ». En effet, elle vivait dans la peur et dans la violence.

Sa mère « n’était pas stable du tout », dit-elle en précisant qu’elle l’« étranglait », lui « tirait les cheveux », « l’insultait », toujours « sous l’emprise de drogues ». Quant à son père biologique, elle ne l’a « jamais connu, il l’a abandonné quand elle avait « un an », regrette-elle.

L’enlèvement

Après son séjour à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS), Marie-Claire rentre chez elle. Ses parents lui parlent de vacances. Sur le chemin pour le port de Marseille, « je ne comprenais pas, mais à un moment ma génitrice me dit : fais attention à tes papiers, ton beau-père ne doit pas te prendre tes papiers », souligne-elle. Mais une fois sur le bateau, il réussit à la convaincre de les lui donner.

Après quelques heures, elle se retrouve de l’autre côté de la méditerranée. « J’entends bien qu’ils parlent une autre langue que je ne comprenais pas, là, je réalise que je suis dans un autre pays », se remémore-t-elle, avant d’apprendre qu’elle est en Algérie.

« On m’a même menacé de m’enterrer vivante »

Une fois arrivés en Algérie, « mon beau-père a déposé ses filles chez sa mère et m’a déposée chez la mère de mon père biologique », précise Marie-Claire. Sa grand-mère ne voulait pas qu’elle reste, car ce n’est pas la vie que son père, mentalement instable, souhaitait pour elle. Mais n’ayant pas le pouvoir ou les moyens de la renvoyer en France, elle la garde chez elle.

Mais le jour où son oncle « intégriste » décide de la mettre sous sa tutelle, sa vie devient un enfer. Il l’oblige à mettre le voile, à assister à des prêches, et devient de plus en plus violent à son égard : « On me tapait jusqu’à ce que je m’évanouisse de douleurs. On m’a même menacé de m’enterrer vivante. En Algérie des années 90, même après la majorité, on reste quand même sous tutelle : une autorisation du tuteur masculin est requise pour faire tout un tas de choses. J’étais emprisonnée. Bien entendu, je n’avais plus de papier d’identité et donc rien pour prouver que j’étais Française », s’indigne Marie-Claire.

« J’ai sué pour rentrer en France »


Après de longues années de combat, Marie-Claire réussit enfin à s’échapper pour rentrer chez elle en France : « Pendant des années, j’ai pensé à mourir et j’ai tenté de m’échapper. C’est à mes 20 ans que j’ai enfin réussi à m’enfuir.

Cependant, pour rentrer en France, le chemin a été très long. J’ai sué pendant des années pour réussir à récupérer mes papiers d’identité français. Les procédures administratives sont très longues et ont pris un temps fou. Je faisais donc croire à ma famille que je faisais des études dans la grande ville, pour pouvoir faire des allers-retours incognito entre le village où j’habitais et l’ambassade de France. Et un beau jour, j’ai finalement réussi à avoir un passeport français ! ».

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