L’Algérien Saber Lahmar sera jugé mi-mai en correctionnelle à Paris pour avoir incité et préparé le départ d’aspirants au djihad en Irak ou en Syrie. L’ex imam de Saint-André-de-Cubzac, ancien de Guantánamo, a été condamné pour propagande djihadiste.

Né en mai 1969 en Algérie, Saber Lahmar est considéré par la justice comme un ancien membre du Groupe islamique armé (GIA) algérien qui a ensuite traversé l’Arabie saoudite et la Bosnie. Il apparaît en Bosnie-Herzégovine entre 1996 et 2001, quelque temps après la fin du conflit qui a fait 100 000 morts dans ce pays. Il était soupçonné d’avoir perpétré un attentat contre l’ambassade des États-Unis à Sarajevo et a été détenu au camp américain de Guantanamo à Cuba au début de 2002.

Il a été libéré par les États-Unis fin 2009 et transféré en France, où il s’était installé près de Bordeaux et travaillait comme imam dans une mosquée et une salle de prière illégale. « Semblant considéré par ses pairs comme un savant » en matière d’islam, voire un « guide religieux », il officie rapidement comme imam de la mosquée de Saint-André-de-Cubzac en Gironde mais aussi dans une salle de prière clandestine. Des lieux qui lui ont servi pour l’endoctrinement des combattants islamistes qui avaient appuyé la résistance bosniaque devant l’offensive serbe.

Implication dans l’islam radical

L’histoire de Saber Lahmar en France à partir de 2010 est racontée par une ordonnance du 17 février qui le renvoie devant en procès, signée par deux juges antiterroristes. Il est soupçonné d’avoir entretenu des liens avec plusieurs personnalités djihadistes en France. Il est accusé d’être « impliqué dans l’islam radical », ce qu’il nie, faisant des « déclarations très violentes » dans des prêches « dans lesquels il s’en prend aux juifs, appelle au meurtre des apostats et au martyre ».

L’ex imam se voit reprocher son « ancrage dans l’islam radical », qu’il conteste, avec des « propos très violents » lors de prêches « s’en prenant aux juifs, appelant à tuer les apostats et au martyre ». Il est soupçonné d’avoir entretenu des liens avec plusieurs figures du djihadisme en France.

Encouragement et préparation de départs !

Point de départ de l’enquête, Saber Lahmar est aussi mis en cause pour avoir « directement encouragé et préparé les départs » à l’été 2015 « vers la zone irako-syrienne » d’un homme, Othman Yekhlef, considéré comme « mort sur zone » depuis la fin 2015, ainsi que d’un couple et de ses quatre enfants. Le père, Salim Machou, fait partie des sept Français condamnés à mort en 2019 par la justice irakienne pour leur appartenance à Daesh.

La justice enquête également pour savoir si Saber Lahmar a été « rémunéré » 35 000 euros par l’association Sanabil. Une organisation dissoute fin 2016 par les autorités françaises qui la considéraient comme ayant été au cœur de la nébuleuse djihadiste. Les avocats de celui qui a été mis en examen et incarcéré en juin 2017 n’ont pas répondu.

Association de malfaiteurs terroriste délictuelle !

Les Bosniens livrent Saber Lahmar aux Américains début 2002 avec cinq autres Algériens soupçonnés d’avoir fomenté un attentat contre l’ambassade des États-Unis à Sarajevo. Il est transféré dans la prison militaire de Guantánamo où il est détenu jusqu’en 2008. Finalement, il est innocenté par la justice américaine et le président Nicolas Sarkozy accepte le principe d’accueillir sur le sol français deux ex-détenus du camp à la sinistre réputation.

Un procès est également ordonné pour Mohamed H., né au Maroc en 1977. Considéré par la justice comme « second du cheikh Lahmar ». Les deux hommes comparaîtront du 10 au 13 mai en correctionnelle à Paris, pour association de malfaiteurs terroriste délictuelle.

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