Les Etats membres de l’Union européenne discutent d’un plan climat pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Une taxe sur le kérosène pour les vols aériens, est sérieusement envisagée. Air Algérie dont une bonne partie des créneaux desservent l’Europe serait concernée par cette nouvelle mesure. La taxation augmenterait progressivement sur dix ans avant d’arriver au taux pleins.

La Commission Européenne a présenté mi-juillet, son projet de loi visant à verdir le secteur du transport. L’UE envisage de taxer progressivement le kérosène pour les vols et mettre fin à l’exemption complète dont bénéficie jusqu’ici,  le carburant aérien.

Une taxe entre 0,17 et 0,50 euro par litre

Une étude de la Commission a imaginé une taxe entre 0,17 et 0,50 euro par litre de kérosène. Si la taxe était fixée à 0,33 € par litre de kérosène, les vingt-sept pays membres de l’UE pourraient bénéficier de plus de 2 milliards d’euros dès 2025 et de 5,4 milliards par an à l’horizon 2050.

Les vols intra-européens, les vols domestique mais aussi les vols internationaux de et vers l’Europe seraient visés. Les compagnies européennes refusent d’être seules à être taxées. Ce qui créerait selon elles, une « distorsion de concurrence » avec les compagnies non-européennes.

Vers l’élargissement de la taxe à l’international

Ce projet inédit reste encore dans le stade des négociations et les eurodéputés et Etats membres de l’UE discutent actuellement de ses propositions. Mais des pays comme la Belgique, le Luxembourg et l’Autriche ont déjà assuré leur soutien. Ils réclament « une application sans délai » de cette taxe dans l’UE, tout en appelant à élargir la même mesure à l’international.

De son côté, l’ONG Stay Grounded network s’est « félicitée » des propositions comportées dans  ce plan. Mais elle a « condamné la lenteur de l’introduction » de cette mesure, l’exemption pour le fret aérien et sa limitation aux vols intérieurs dans l’UE.

Les compagnies de l’UE redoutent une « distorsion de concurrence »

Onze compagnies de l’UE dont Air France/KLM, Lufthansa et TAP, ainsi que la Fédération européenne des travailleurs des transports mettent en garde contre une « distorsion de concurrence » au profit des compagnies étrangères. « Chaque mesure pourrait accroître considérablement l’avantage concurrentiel des compagnies non-européennes et des hubs aéroportuaires hors-UE »

A noter que cette taxe qui épargnerait l’aviation d’affaires et le fret,  vise à terme, la réduction des émissions de CO2 de 55% d’ici à 2030. Tandis que l’objectif minimal d’usage de biocarburants dans les avions serait relevé et que les « permis à polluer » gratuits dont bénéficie le secteur disparaîtraient dès 2026, selon ce projet.

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